Cette semaine, les routards de Khao San Road, hotspot célèbre pour sa vie nocturne à Bangkok, se réveillent avec des préoccupations supplémentaires : le gouvernement thaïlandais a décidé de réduire la durée des séjours sans visa.
Alex Brady, un Irlandais de 24 ans, se prépare à explorer le Wat Arun, un incontournable de la ville, tout en exprimant son incompréhension face à cette décision. "Cela limitera fortement ce que les gens peuvent voir en Thaïlande. Si je paie un prix d'avion élevé, je veux avoir le temps de découvrir", explique-t-il.
Jusqu’à présent, les touristes de plus de 90 nations, y compris ceux de l’espace Schengen, pouvaient rester jusqu’à 60 jours sans visa. Ce délai va désormais être réduit à 30 jours, avec une possibilité d'extension de 30 jours, à la discrétion des autorités de l’immigration.
Les autorités thaïlandaises n’ont pas précisé quand ces nouvelles mesures entreront en vigueur, ni comment elles contrôleront les séjours prolongés, les comportements inappropriés ou les activités commerciales illégales menées par des étrangers.
Elin Ovrebo, qui conduit chaque année des étudiants américains en voyage éducatif, a l'habitude de prolonger son séjour après leur départ. Elle anticipe que cela deviendra plus difficile à l'avenir. "Ces changements ne règleront rien. Cela n’empêchera pas les comportements abusifs", affirme-t-elle.
Fahmy Kayira, un nomade numérique britannique, est déjà en Thaïlande depuis trois mois et envisage de prendre des cours de thaïlandais pour obtenir un visa étudiant afin de prolonger son séjour. "Les backpackers s'adaptent toujours", déclare-t-il, confiant.
À l'autre bout de la ville, Anna Heindrich, 80 ans, attend un minibus pour effectuer un "visa run" au Laos afin de prolonger son séjour. Bien que son profil soit atypique pour les clients de l'agence Bangkok Buddy, elle tient à rester en Thaïlande pour un anniversaire important. "Cela semble simple", assure-t-elle avant de se lancer dans ce périple de plus de 16 heures.
Malgré la réduction de la durée des séjours, Anna prévoit de revenir régulièrement en Thaïlande. "Peut-être que les règles changeront encore d'ici ma prochaine visite", dit-elle en souriant, alors qu'une pluie torrentielle débute.
Tanya Chansuwan, à la tête de Bangkok Buddy, reconnaît que ces nouvelles restrictions pourraient entraîner plus de demandes de renouvellement de visas. "Cela compliquera les choses pour nos clients, certains pourraient même envisager d'autres destinations, comme le Vietnam, où le coût de la vie est inférieur", conclut-elle.







