Ruben Torres, 37 ans, qui avait quitté le Honduras pour échapper aux menaces d'un gang, a vu son rêve d'asile en France se transformer en cauchemar. Après le rejet de sa demande par l'OFPRA, il est contraint de retourner dans son pays, où il a été retrouvé mort dans un ravin.
Une veillée en mémoire de Ruben est prévue à Bordeaux le 20 mai 2026. Son décès, survenu quelques jours après son retour, soulève de vives émotions et questionne la sécurité des migrants expulsés.
Comme l'explique son avocat, Me Pierre-Antoine Cazau, Ruben avait fui le Honduras après des menaces de mort liées à une dénonciation faite par son frère, visant un membre d'une organisation criminelle. En arrivant en France en 2024, il espérait retrouver un semblant de sécurité aux côtés de son frère, employé dans la restauration.
Une absence de protection déplorable
Installé à Bordeaux, Ruben a entamé des démarches pour obtenir l'asile. Son rejet, en juin 2025, a déclenché une obligation de quitter le territoire français (OQTF). En situation irrégulière, toutes ses tentatives d’intégration ont échoué, laissant Ruben désespéré face à l'illégalité. Selon le président de l'ASTI (Association de solidarité avec tous les immigrés), Ruben a tant redouté l'illégalité qu'il est finalement rentré au Honduras le 28 février 2026. "Il ne supportait pas d’être sans papiers," confie-t-il à France 3 Nouvelle-Aquitaine.
C'est en constatant ses absences aux cours de français que ses camarades découvrent l'horreur de son destin. Son corps a été découvert le 10 mars 2026, dans un ravin, moins de deux semaines après son retour.
Des circonstances floues entourent sa mort
Bien que l'autopsie ait avancé l'hypothèse d'un accident, ses proches, indignés, suggèrent un meurtre déguisé, accusant une police corrompue et incompétente, comme l'indique Me Cazau. Des organisations dénoncent l'absurdité du système d'asile en France, où les exilés, privés de travail, peinent à subvenir à leurs besoins.
Le rassemblement en hommage à Ruben Torres aura lieu à 18h30 au Parvis des Hommes à Bordeaux, un appel à la solidarité et à la prise de conscience sur les conditions d'accueil des migrants.







