Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que trois passagers du bateau de croisière MV Hondius, actuellement ancré au Cap-Vert, ont été évacués en raison de cas suspects d'hantavirus.
Le navire, en attendant de se diriger vers Tenerife, l'une des îles des Canaries, est immobilisé près du port de Praia, où il est resté depuis dimanche. Les autorités espagnoles ont confirmé l'itinéraire du navire, reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert.
Trois décès ont été rapportés, impliquant un couple néerlandais et une femme allemande, selon les informations fournies par l'OMS. Actuellement, une personne est hospitalisée à Johannesburg, tandis qu'une autre reçoit des soins à Zurich. Les trois passagers évacués ont été transférés pour recevoir des soins médicaux aux Pays-Bas.
Les résultats révèlent que la souche d'hantavirus détectée appartient à celle des Andes et qu'elle est transmissible entre humains. Le ministre de la Santé sud-africain a indiqué que cette souche a également été identifiée par l'hôpital universitaire de Genève.
Cependant, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que "le risque global pour la santé publique reste faible". Il a également mentionné que les cas suspects évacués sont tous en route vers des établissements de santé aux Pays-Bas.
Un autre passager, dont le nom n'avait pas encore été dévoilé, est en soins intensifs à Zurich. Selon le ministère suisse de la Santé, cet homme et sa conjointe avaient récemment rentré d'un voyage en Amérique du Sud fin avril.
Le MV Hondius, arborant le pavillon néerlandais, compte à son bord 88 passagers et 59 membres d'équipage de diverses nationalités. Deux membres de l'équipage, de nationalité britannique et néerlandaise, ainsi qu'un cas contact ont été débarqués au port de Praia et évalués médicalement avant leur évacuation. Ann Lindstrand, représentant l'OMS au Cap-Vert, a précisé que tous sont dans un état stable, avec un cas asymptomatique.
Des dispositifs médicaux étaient présents au port, observés par des journalistes de l'AFP. Une infection à hantavirus peut engendrer des symptômes respiratoires aigus.
Le MV Hondius, après ces évacuations médicales, mettra le cap sur les îles Canaries dans un délai de "3 à 4 jours", comme l’a rapporté le ministère espagnol de la Santé. Toutefois, le président régional des Canaries, Fernando Clavijo, a exprimé des préoccupations quant à la préparation de l'archipel à accueillir des malades.
Le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions a quant à lui précisé qu'"aucun nouveau cas symptomatique" n’a été reporté à bord du navire.
Selon un rapport de l'OMS, il est probable qu'un ou plusieurs passagers aient été contaminés avant d'embarquer, entraînant par la suite une transmission interhumaine. Maria Van Kerkhove, chef de la prévention et de la préparation aux épidémies à l'OMS, a ajouté que le risque pour le grand public demeure limité.
D'autre part, l'origine de la contamination semble avoir eu lieu hors du navire, ce qui a été confirmé par les autorités sanitaires de la province argentine de la Terre de Feu, qui a précisé que le MV Hondius avait été minutieusement contrôlé avant son départ. Une enquête visant à localiser les passagers ayant voyagé sur un vol commercial entre Sainte-Hélène et Johannesburg, emprunté par l'une des victimes, a également été lancée.







