L'essentiel
Alors que Donald Trump avait promis de devenir l'architecte d'une paix rapide pour l'Ukraine, il semble désormais lui tourner le dos. Avec une attention absorbée par une escalade au Moyen-Orient, l'administration américaine relègue le dossier ukrainien, d'une complexité accrue, au second plan. L'Europe, de son côté, fait face aux conséquences d'une crise avec l'Iran, laissant Kiev et Volodymyr Zelensky frustrés par l'absence de progrès diplomatiques depuis plus de deux mois.
Ce conflit, qui avait suscité des promesses de résolution rapide, semble désormais perdu sous les nouveaux enjeux géopolitiques. Suite aux récentes tensions avec l'Iran, où Trump a intensifié ses efforts militaires, la situation en Ukraine apparaît comme une priorité secondaire. Malgré les efforts initiaux de Trump visant à résoudre la crise, comme l'indiquent des sources telles que La Dépêche, les négociations n'ont pas abouti en raison de désaccords sur des territoires revendiqués par Moscou.
Depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient, les efforts pour trouver un compromis entre Kiev et Moscou semblent s'essouffler. Zelensky exprime ses inquiétudes quant au fait que des émissaires américains, comme Steve Witkoff et Jared Kushner, sont trop impliqués avec l'Iran au détriment de l'Ukraine. Il souligne également que ce nouveau conflit pourrait limiter la livraison d'armements essentiels pour défendre son pays, particulièrement alors que la suspension des sanctions contre le pétrole russe a été prolongée, alimentant, selon Zelensky, la guerre de Moscou.
"La guerre la plus difficile à résoudre"
Mykhaïlo Fedorov, ministre ukrainien de la Défense, dépeint l'hiver dernier comme l'un des plus durs de l'histoire du pays. Face à un arsenal russe intensifié, l'Ukraine continue à chercher des soutiens, incitant même l'OTAN à ne pas éclipser ses efforts au profit d'autres zones de conflit. Bien que l'Union européenne ait débloqué un prêt de 90 milliards d'euros, sous l'effet du veto hongrois, l'attention demeure largement dirigée vers le Moyen-Orient, rendant la situation ukrainienne encore plus fragile.
A Kiev, des initiatives inattendues se dessinent pour capter l'attention américaine, allant jusqu'à renommer des territoires en l'honneur de Trump, espérant séduire ainsi un président peu enclin à s'engager. Mais alors que le conflit perdure, des voix s'élèvent pour rappeler l'importance d'une résolution rapide. JD Vance, un proche de Trump, assure que des progrès sont réalisés, mais avertit également que l'absence de compromis pourrait entacher tout espoir d'issue.
Un ultimatum fixé en juin ?
Selon Zelensky, un ultimatum aurait été fixé pour la conclusion d'un accord de paix d'ici juin. La pression est forte, avec des enjeux diplomatiques et politiques se mêlant au programme présidentiel américain. Toutefois, le climat des négociations apparaît tendu, notamment à mesure que des pays européens, comme l'Allemagne, commencent à envisager des compromis régionaux qui auraient été inacceptables auparavant. Jean de Gliniasty, expert à l'IRIS, souligne que la solution pourrait émerger davantage d'Europe que des États-Unis.







