Elon Musk a récemment pris place devant un jury californien, affirmant avoir joué un rôle déterminant dans l'émergence d'OpenAI, une start-up créée pour servir l'humanité. Il prétend avoir été trahi par ses cofondateurs, tandis qu'OpenAI rétorque à cette accusation en dépeignant ce concurrent comme hypocrite.
"On ne peut pas détourner une œuvre philanthropique sans conséquences", a déclaré Musk lors de son passage à Oakland, près de San Francisco. Il a mis en cause OpenAI et son PDG, Sam Altman, pour avoir abandonné leur vision altruiste initiale au profit du profit, un virage qu'il a jugé inacceptable.
Musk a insisté sur le fait que si OpenAI et Microsoft, l'un de ses principaux investisseurs, étaient blanchis, cela menacerait le principe même de la philanthropie aux États-Unis. Toutefois, les avocats d'OpenAI qualifient ces accusations de démesurées et cherchent à influencer le jury.
Il a aussi souligné : "J'aurais pu faire de cette entreprise un projet lucratif, mais j'ai choisi une voie différente, centrée sur le bien de l'humanité." Aujourd'hui, OpenAI est devenu un acteur majeur de l'industrie, avec une valorisation actuelle de 852 milliards de dollars et une introduction en bourse imminente.
- "Hypocrisie exposée" -
Musk a affirmé qu'il avait concepé le projet, trouvé le nom et recruté les talents essentiels pour faire d'OpenAI une réalité. En prônant un contrôle moral de l'intelligence artificielle, il a averti : "La mauvaise gestion de l'IA par des individus inappropriés pourrait être catastrophique pour notre monde." En écoutant les déclarations de Musk, Sam Altman, qui témoignera prochainement, a dû faire face à ces accusations.
Les avocats d'OpenAI ont riposté en qualifiant l'assignation de Musk d'hypocrite. Selon Bill Savitt, l’avocat d'OpenAI, Musk a implicitement soutenu la transition vers une société à but lucratif sous la condition de garder la majorité du contrôle. Il affirme que Musk a utilisé sa promesse de don d'un milliard de dollars pour exercer une forme de chantage, interrompant son soutien financier après avoir versé seulement 38 millions.
En outre, Savitt avance que la théorie de Musk sur une "organization caritative volée" n'est apparue qu'après le lancement de son propre laboratoire xAI, absorbé dans SpaceX. Enfin, il maintient que Musk était au courant des projets de commercialisation d'OpenAI dès 2018, ce qui rend sa plainte caduque.
- Les enjeux soulevés -
La juge va se pencher sur trois questions cruciales : OpenAI a-t-elle rompu avec ses idéaux philanthropiques ? A-t-elle profité de manière injustifiée ? Ses relations avec Microsoft sont-elles anticoncurrentielles ? Musk envisage également le retour au statut non lucratif d'OpenAI, ce qui pourrait bloquer ses ambitions boursières, tout en réclamant le départ de Sam Altman et d'autres dirigeants.
Yvonne Gonzalez Rogers, la juge, prendra ses décisions sans le concours du jury, qui ne rendra qu'un avis consultatif. Lors de la sélection du jury, il est apparu que la personnalité de Musk pourrait influencer les délibérations. Bien que reconnu pour ses réussites dans le secteur spatial et automobile, l'image de Musk a été profondément ternie depuis son implication politique et ses prises de position controversées.
La juge a d’ailleurs interpellé Musk et Altman sur leur comportement personnel, notamment leurs interactions acrimonieuses sur X, leur promettant d’adopter une conduite convenable durant le processus judiciaire.







