La Fondation pour l’enfance révèle un nouveau baromètre sur les violences éducatives, soulignant leur persistance dans le quotidien familial.
Selon la loi du 10 juillet 2019, qui reste en vigueur, toute forme de violence physique ou verbale contre les enfants est proscrite. Pourtant, près de sept ans après l'adoption de cette loi, le dernier baromètre de la Fondation pour l’enfance met en lumière une « réalité préoccupante » : 37 % des parents affirment avoir eu recours à des violences physiques au moins une fois durant l'année écoulée, et un chocant 83 % admettent avoir utilisé des violences verbales ou psychologiques.
Les données, issues d'une enquête menée par l'Ifop auprès de 1005 parents, révèlent que 68 % d'entre eux ont déjà crié sur leur enfant, 30 % ont donné une tape, 22 % ont tapé sur les fesses, 19 % ont employé des mots dévalorisants comme « stupide » et 16 % ont secoué ou bousculé l'enfant.
Des disparités entre pères et mères
La Fondation observe que « ces résultats soulignent la banalisation des violences éducatives ordinaires ». Un tiers des parents semble croire que certaines punitions physiques sont nécessaires pour l'éducation, et 27 % estiment que la fessée est un élément de leur rôle parental.
Les opinions divergent significativement entre les mères et les pères. Alors que 46 % des hommes croient qu'une punition corporelle est acceptable si l'enfant se montre violent, cela ne concerne que 33 % des femmes. Les hommes semblent également plus enclins à croire aux bénéfices des punitions corporelles, contrairement aux femmes qui pointent leurs conséquences négatives, telles que les problèmes psychiques.
La Fondation pour l’enfance souligne l'importance d'adapter les méthodes de prévention en fonction des représentations variées de l'éducation. Les résultats montrent également que 79 % des parents ayant eux-mêmes subi des violences éducatives estiment que cela influence leur façon d'élever leurs enfants.







