Depuis le 11 avril, des publications virales sur les réseaux sociaux affirment que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, aurait menacé d'envahir Israël si le cessez-le-feu au Moyen-Orient n'était pas respecté. Ces informations circulent en plusieurs langues, comme le souligne l'AFP Factuel, et sont souvent relayées par des comptes pro-iraniens, touchant une large audience.
Ces affirmations semblent s'inscrire dans une campagne de désinformation bien orchestrée. Les publications ont été massivement diffusées entre le 11 et le 12 avril, suggérant une coordination. Elles s'appuient sur des vidéos qui ont été manipulées ou tronquées, donnant parfois l'impression d'une menace fictive. Par exemple, une vidéo d'Erdogan, diffusée lors de l'International Conference of Asian Political Parties le 10 avril, a été interprétée comme une incitation à l'agression : il aurait déclaré, "si la guerre se prolonge et que le Pakistan n'atteint pas la paix, notre devoir est d'attaquer Israël". Toutefois, cette affirmation est trompeuse.
D'anciennes déclarations détournées
Une autre vidéo recommandée prétend qu'Erdogan aurait dit : "Comme nous sommes intervenus en Libye et au Karabakh, nous pouvons intervenir en Israël." Cette assertion provient d'un discours prononcé en 2024, où il évoquait la défense. Les experts soulignent que ces manipulations visent à attiser les tensions régionales.
Le président turc a exprimé des opinions fermes contre les actions israéliennes, affirmant qu'Israël est un régime "génocidaire", mais il n'a en aucun cas menacé d'envahir Israël, comme le rapportent de nombreux médias, y compris la presse turque.
Le démenti de l'État turc
Le ministère turc de la Communication a officiellement démenti ces rumeurs, soulignant que "les affirmations circulant dans certains médias et sur les réseaux sociaux, attribuant au président Erdogan la déclaration selon laquelle 'la Turquie a menacé d’envahir Israël', sont totalement infondées". Ce démenti vise à clarifier que ces récits n'ont pas de fondement et cherchent à saper la stabilité régionale.







