Le Parlement camerounais a officiellement validé, ce samedi, une réforme constitutionnelle visant à instaurer un poste de vice-président de la République, suscitant des réactions vives au sein de l'opposition. La décision, adoptée à 205 voix pour et 16 contre lors d'un congrès réuni à Yaoundé, permet au président Paul Biya de nommer cette fonction, qui sera chargée d'exercer le pouvoir en cas de vacance.
Paul Biya, à la tête du pays depuis 1982, reste une figure controversée. À 93 ans, son leadership est souvent critiqué, notamment en raison des répressions violentes à la suite de ses réélections. L'élection de son huitième mandat en octobre dernier, marquée par un taux de participation contesté de 53,66 %, a été suivie de manifestations durement réprimées, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes, selon des sources gouvernementales.
L'institution de ce nouveau poste s'inscrit dans un mouvement plus large de réforme des institutions nationales. Récemment, des changements ont également eu lieu à la tête des deux chambres du Parlement. Aboubakary Abdoulaye a été élu à l’unanimité pour diriger le Sénat, tandis que Théo Datouo a pris la tête de l'Assemblée nationale en remplacement de Cavaye Yéguié Djibril, en poste depuis plus de trois décennies.
Cette réforme a été vivement dénoncée par l'opposition. Issa Tchiroma Bakary, en exil, a qualifié cette décision de « violation des principes démocratiques », parlant d'une « dérive monarchique » du pouvoir, tandis que Maurice Kamto a exprimé son indignation en qualifiant ce mouvement de « coup d'État institutionnel ».
Les détails sur les prérogatives spécifiques du vice-président restent encore flous, ce qui nourrit les inquiétudes sur une éventuelle concentration du pouvoir entre les mains du président Biya.







