Bonne ou mauvaise nouvelle ? Depuis plusieurs semaines, le marché de l'emploi aux États-Unis affiche des variations notables, oscillant entre créations et pertes d'emplois. Bien que l'ancien président Donald Trump mette en avant les retombées positives de sa politique économique, des économistes soulignent des signes de fragilité persistante.
Les dernières données du ministère américain du Travail (BLS), publiées ce vendredi, révèlent que les États-Unis ont généré 178 000 nouveaux emplois en mars, après avoir enregistré une perte comparable le mois précédent. Le taux de chômage a légèrement baissé à 4,3 %.
Des créations d’emplois inattendues
Ce taux est à peine différent de celui observé un an auparavant, un seuil considéré comme proche du plein emploi. Les marchés anticipaient une tendance bien moins favorable, avec seulement 59 000 créations d'emplois prévues, selon le consensus de MarketWatch.
« Ma politique économique a généré un moteur puissant que rien ne pourra freiner », a déclaré Donald Trump via son réseau social Truth Social. Il a mis en avant la croissance dans le secteur de la construction, fruit de ses initiatives en faveur de la relocalisation de l'industrie, même si la majorité des nouvelles embauches de mars proviennent en réalité des secteurs de la santé et du tourisme.
Impacts d'un conflit au Moyen-Orient sur l'emploi
Kush Desai, porte-parole adjoint à la Maison-Blanche, a réitéré l'affirmation selon laquelle les perturbations causées par la guerre au Moyen-Orient, commencée le 28 février avec des frappes israélo-américaines, seraient « temporaires ».
Cependant, ce conflit entraîne une hausse des coûts de production, ce qui pourrait affecter négativement la consommation et la croissance, comme l'ont indiqué plusieurs économistes.
Une volatilité inquiétante
Les résultats du BLS présentent des fluctuations déroutantes depuis quelques mois, oscillant entre des créations d'emplois élevée et des pertes inattendues. En février, le bilan avait déjà marqué un coup dur avec 92 000 destructions d'emplois, qui ont été révisées à 133 000.
Cette période a été marquée par une grève dans le secteur de la santé, ce qui a impacté temporairement les données. La reprise observée ne suffit pas à expliquer l'ampleur de cette correction.
Un marché de l'emploi fragile
Lydia Boussour, économiste chez EY-Parthenon, note que malgré des chiffres encourageants, la tendance générale d'embauche semble faible, atteignant une moyenne de 23 000 créations de postes par mois. « Cela reflète un marché du travail en train de se fragiliser », précise-t-elle.
Depuis près d'un an, le marché américain est souvent décrit comme étant en mode « no hire, no fire » : peu d'embauches et peu de licenciements.
Des restrictions sur la population active
Les entreprises, préoccupées par les droits de douane imposés par Trump et les conséquences de la guerre récente, adoptent une posture d'attente, évitant de recruter tout en gardant leurs effectifs stables.
Selon Lydia Boussour, la stagnation, voire le déclin de la population active, découle d'un vieillissement progressif et de politiques migratoires strictes mises en place par le gouvernement Trump. Le rapport du BLS annonce une réduction de 400 000 personnes dans la population active entre février et mars.
Le taux d'activité, représentant la proportion des personnes en âge de travailler qui ont un emploi ou qui en recherchent un, s'établit à 61,9 %, son plus bas niveau depuis 1977, à l'exception de la pandémie. Bien que la demande de travailleurs soit faible, les économistes s'accordent à dire que cela contribue à un « équilibre fragile ». Moins d'immigrants aux États-Unis et davantage de départs soulèvent des inquiétudes à long terme quant à l'impact sur l'économie.
« La croissance démographique et l'augmentation de la population active sont cruciales pour dynamiser l'économie. Si ce contexte perdure, cela pourrait ralentir la croissance », a averti Alberto Musalem, président de la Réserve fédérale de St. Louis.







