La cour d'assises de la Gironde se penche sur le cas de Matthieu Valen, un homme de 41 ans, accusé d'assassinat et de tentatives d'assassinat suite à son acte choquant du 12 novembre 2022, lorsqu'il a foncé délibérément sur un groupe de cyclistes à Sadirac. Ce procès, entamé le 24 mars, interroge profondément sur la santé mentale de l'accusé et la question de sa responsabilité pénale.
Le témoignage troublant d'un accusé
Lors de la procédure, Valen a expliqué : "J'ai envisagé d'utiliser ma voiture comme une arme, après avoir pensé aux difficultés d'obtenir un revolver." Il a précisé que sa cible, les cyclistes, lui semblait propice à son intention violente, motivée par une conviction de harcèlement dont il se sentait victime. Ce récit laisse entrevoir une détresse psychologique profonde.
Un des cyclistes, Hubert de Mecquenem, âgé de 67 ans, a succombé à ses blessures quelques mois après l'accident, alors que plusieurs autres victimes ont souffert de blessures graves. Les proches de la victime, assis en tant que parties civiles, ont partagé leur douleur, leur évidence de souffrance, et leur souhait que Justice soit faite. Olivia, l'une des rescapées, a demandé aux juges : "Il faut que ce criminel ne puisse jamais recommencer."
Une maladie avérée, un danger persistant
Des experts psychiatriques, tels que ceux cités dans les conclusions du Dr Roland Coutanceau, ont diagnostiqué une psychose paranoïaque chez Valen. Selon les médecins, ce dernier a constamment rejeté les traitements proposés, s’estimant sain d’esprit, et a exprimé son désir de protection en se rendant coupable de son acte. Ce raisonnement amplifie la complexité du jugement.
"Certains peuvent devenir la cible de son délire, et il reste extrêmement dangereux sans soins appropriés", a déclaré le Dr Jacques Bertrand. Pour lui, le délit est étroitement lié à l'état psychologique de Valen. La question se pose : le prévenu était-il conscient de ses actes lors de l'accident ?
Le verdict tant attendu
Au cœur des plaidoiries, Me Aurélie Journaud, avocate des parties civiles, a appelé à un enfermement durable du prévenu : "Il est impératif que Matthieu Valen soit éloigné de la société pour le bien-être de tous, en tenant compte du risque de récidive élevé." Le procès s'achève ce jeudi avec l'espoir d'un jugement qui permettra de répondre aux angoisses des victimes et de leurs familles.







