Corentin Jousserand, candidat du Rassemblement National (RN) pour les élections municipales de Saint-Étienne, a tenu un meeting le 6 mars dernier à l’auditorium de la Platine. Cet événement a été entaché de violences, suite à l'intervention de militants antifascistes, soulignant ainsi une atmosphère de tension politique pesante pour le RN.
L'appel à manifester a été lancé par des étudiants de l'École supérieure d'art et design de Saint-Étienne (ESADSE), rejoints par des groupes de gauche tels que le syndicat OSE-CGT et les Jeunes communistes de la Loire. Plus de 200 manifestants se sont réunis devant l'auditorium, scandant « Pas de fachos dans nos quartiers », dans un élan de contestation contre le meeting du RN.
Sur place, un important dispositif de forces de l'ordre, incluant une centaine de CRS, a été déployé. Jousserand a qualifié cette protection de « complètement démesurée pour une campagne municipale ». Pourtant, les menaces étaient bien réelles : alors qu'il s'apprêtait à saluer les participants, il a été visé par des projectiles. « Il y avait des enfants de 8 ans et des personnes âgées, cela aurait pu être très grave », a-t-il déploré.
Deux policiers blessés par les militants antifas
Une fois la majorité des participants à l’intérieur, la colère des opposants s'est retournée contre les CRS. Deux policiers ont été blessés lors des échauffourées, l'un d'eux ayant été touché au visage, comme reporté par Le Progrès. Après avoir été repoussés, les militants ont utilisé des mortiers d'artifice, puis se sont dirigés vers la maison Familya, une association d'accompagnement pour les familles, qu'ils ont dégradée.
Suite à l'annonce du meeting, la direction de l'ESADSE avait d'abord décidé de fermer l’établissement, décision qui a suscité la colère de nombreux étudiants. Ces derniers ont protesté sur les réseaux sociaux, affirmant que ce n'est pas à leur école de fermer pour un événement du RN. "Cette fermeture n’est pas anecdotique ; elle s'inscrit dans un contexte de montée des idées fascistes et d’extrême droite dans notre pays", ont-ils écrit.
Face à la pression, la direction a finalement décidé de maintenir l'école ouverte, bien que cela n'ait pas calmé les tensions. Les étudiants ont remis en question la légitimité d'un tel événement à proximité de leur établissement, arguant que le RN ne présentait aucun programme culturel concret.
Le climat politique est extrêmement dangereux à Saint-Étienne
Les préoccupations des étudiants ont trouvé un écho chez certains enseignants et agents de l'ESADSE. Ils ont adressé une lettre à la présidente de Saint-Étienne Métropole, signalant leur indignation face à la tenue de ce meeting, qu'ils qualifient d'émanation du fascisme. Jousserand a répondu à ces critiques en soulignant l'hypocrisie de ceux qui, tout en se réclamant de la démocratie, veulent empêcher un meeting.
La situation à Saint-Étienne n’est pas atypique. Jousserand a révélé que ses adhérents font régulièrement face à des menaces et au harcèlement de la part de groupes antifascistes. "Les antifas suivent nos militants jusqu'à chez eux pour les intimider", a-t-il déclaré. En 2024, un autre candidat du RN avait même été agressé sur un marché local, ce qui a encore renforcé la perception d'un climat d'insécurité politique.
Ce contexte de tensions s'inscrit dans une dynamique plus large au niveau national, alors que le parti de Jordan Bardella continue de faire face à des oppositions virulentes. Jousserand conclut en exprimant son inquiétude quant à l'augmentation de l'insécurité politique dans la région, constatant que Saint-Étienne est à un tournant décisif, avec des implications potentielles pour l'ensemble du pays.







