Une ancienne secrétaire de l'aide sociale à l'enfance, comparant ce mercredi devant le tribunal de Bourges, est accusée d'avoir détourné jusqu'à 285 000 euros des fonds publics, bien que seules les réclamations des six dernières années soient retenues en raison de la prescription. Cela a entraîné un montant à rembourser de 158 000 euros.
Selon l'enquête, depuis 2010, cette femme avait mis en place un système fondé sur la création de familles d'accueil fictives pour empocher des versements destinés à couvrir les frais liés à des enfants placés. Au fil des ans, ces manœuvres lui ont permis de recevoir des sommes atteignant 2 200 euros par mois en plus de son salaire, qu’elle a ensuite dépensées dans des achats compulsifs, allant des vêtements aux sacs de créateurs.
Le procès met en lumière les manquements notables dans le suivi de ces aides. Me Eugène Bangoura, l'avocat de la prévenue, a pointé du doigt le défaut de contrôle des autorités. Il a affirmé que le conseil départemental aurait pu prévenir ces abus avec un simple coup de téléphone ou des visites de contrôle régulières pour s'assurer de la véracité des familles d'accueil. Pour étayer son propos, il a même cité la jurisprudence Kerviel, qui mettait en lumière les conséquences d’un manque de supervision dans des affaires financières.
En réponse, Me Barré, avocate du conseil départemental, a rejeté cette argumentation, considérant qu’elle visait uniquement à minimiser la responsabilité de la prévenue. Les débats font ressortir une tension palpable entre la défense qui clame une iniquité dans le traitement des preuves, et l'accusation qui insiste sur le devoir de diligence nécessaire dans l'administration des fonds.
Le verdict est attendu pour le 4 mars, et cette affaire soulève des questions inquiétantes sur la gestion des ressources publiques et la surveillance de l’aide sociale. Le public gardera un œil attentif sur l’issue de ce procès emblématique.







