Amiens : les larmes d'une mère face à l'horreur d'un triple meurtre

Une mère en larmes témoigne de la douleur d'une famille anéantie par un acte tragique.
Amiens : les larmes d'une mère face à l'horreur d'un triple meurtre
La deuxième journée du procès a été marquée par les témoignages bouleversants des proches des victimes. © Radio France - François Sauvestre

La deuxième journée du procès aux Assises a été marquée par des témoignages émouvants des proches de Jennifer, Amélia et Éliam, tragiquement décédés en avril 2022. Face à l'absence d'explications de l'accusé, la famille a décrit la destruction causée par ce triple meurtre.

"Depuis quatre ans, on vit un enfer, un supplice : c’est monstrueux, il a brisé une famille entière". Christiane, mère de Jennifer et Amélia et grand-mère d'Éliam, s'adresse à la Cour avec douleur. "Cet homme a enlevé mes filles et mon petit-fils gratuitement, il les a massacrés : de quel droit a-t-il pris mes trois amours ? Nous vivons à travers des photos et des vidéos, il me manque chaque minute, chaque seconde". Sa voix se brise lorsqu'elle évoque son petit-fils : "Je l’aimais de toutes mes forces, je m’occupais de lui du matin au soir, car Jennifer ne voulait le faire garder par personne d’autre".

Regardant Jérôme Debeauvais, l'accusé, elle continue : "Je vais te regarder qu’une seule fois : je n’ai aucune pitié pour toi. J’ai envie qu’il reste en prison jusqu’à la mort : notre famille entière a pris perpétuité".

« On veut savoir pourquoi tu as détruit une famille ? »

Les frères et sœurs de Jennifer et Amélia prennent la parole. "Moi aussi, j’ai souffert en famille d’accueil", témoigne Fabienne, la demi-sœur aînée. "Mais ce n’est pas pour autant que je vais massacrer mes enfants. Nous aimerions savoir pourquoi tu as détruit une famille, pourquoi ?" "Je ne me cache pas derrière mon enfance difficile", répond Jérôme Debeauvais. "Je préfère être tout seul, au moins je ne fais plus de mal à personne": j'aurais dû partir."

Émilie, la jeune sœur de Jennifer et Amélia, fond en larmes à la barre : "J'aimerais parler d'Éliam. Quand on aime son fils, on ne peut pas juste le traiter de bâtard pendant les repas de famille. Comment as-tu pu regarder ton fils mourir ? Ose me regarder dans les yeux et me dire pourquoi".

"Bien sûr que j'ai des remords : j'ai gâché la vie de tout le monde", répond Jérôme Debeauvais, après plusieurs questions qui le poussent sur ses motivations. "Je suis toujours sur un fil". "S’il y avait eu plus de monde dans l’appartement, j’aurais fait un carnage", assène-t-il, provoquant l'effroi parmi l'auditoire.

« Cet homme est un monstre, ne le ratez pas »

Les témoignages continuent de résonner dans la salle d’audience. "Cela fait quatre ans que je coule, que j’essaie de me relever", déclare Kévin, le jeune frère, tandis que Jonathan, le demi-frère, insiste : "Amélia savait tout ce qui se passait sous le toit de Jennifer : elles étaient la confidente l’une de l’autre".

À la veille du verdict, le président de la Cour insiste sur le manque de réponses de l'accusé quant aux raisons de ce triple meurtre. "Je n’avais pas prévu de faire de mal à Jennifer ce soir-là, mais mon caractère instable a pris le dessus", explique Jérôme Debeauvais, qui a été diagnostiqué comme bipolaire en 2018. Pour terminer, il lance froidement : "Personne ne mérite de mourir comme ça", ce qui laisse le public sous le choc.

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