L'arrestation de Jérôme Barella, impliqué dans la tragique disparition puis le décès de Lyhanna dans le Gers, soulève des inquiétudes concernant l'insuffisance des ressources dédiées à la justice. Lionel Candelon, président de la chambre d'Agriculture du Gers, dénonce, quant à lui, une négligence du parquet d'Auch, qui aurait mis de côté des affaires prioritaires pour se concentrer sur des dossiers agricoles.
Cette affaire, qui émeut le public, cristallise également les colères au sein du paysage politique français. Éric Ciotti a exprimé sur X : "C'est révélateur de l'aveuglement de l'État envers la protection de nos enfants. La lenteur des actions judiciaires face aux prédateurs sexuels est insupportable." De son côté, Jean-Luc Mélenchon, a déclaré sur Facebook : "Comment un individu, déjà visé par des plaintes pour viols sur mineurs, a-t-il pu rester sans surveillance pendant neuf mois ?".
Face à ces tragiques événements, des magistrats soulignent le manque de moyens dont souffrent les tribunaux. Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats, déclare à l'AFP que bien qu'il existe des circulaires, l'intégration de ces directives au sein des services judiciaires reste problématique. Jacques Dallest, ancien magistrat, explique que "chaque jour, un procureur et ses substituts reçoivent une multitude d'affaires, ce qui complique le traitement adéquat des plaintes".
Pourtant, Candelon rétorque qu'il ne s'agit pas seulement d'une question de moyens. "La procureure d'Auch a concentré ses efforts contre les agriculteurs, négligeant ainsi cette grave affaire de pédocriminalité", affirme-t-il. Il fait mention du fait qu'environ une trentaine d'agriculteurs ont été entendu pour des manifestations, alors que des affaires bien plus graves étaient sur la table.
Des délais d'enquête alarmants
Les délais liés à la seconde plainte déposée contre Jérôme Barella interrogent également. Alors qu'une procédure pénale a été transférée en gendarmerie après trois mois, Candelon souligne qu'il a été entendu pour des faits datant de seulement un mois auparavant. "Pour Barella, rien n'a été ordonné pendant trois mois, tandis que des agriculteurs étaient systématiquement condamnés", déclare-t-il avec indignation.
Selon l'agriculteur, "ce n'est pas juste une question de justice défaillante, mais plutôt un échec direct du parquet d'Auch. La part de responsabilité du parquet est indiscutable." Il conclut en s'interrogeant : "C'est quoi ce pays ? Ces manquements rendent les fautes individuelles inacceptables et doivent être sanctionnées. La douleur de la famille de la victime ne devrait pas être oubliée durant cette tragédie, car des mesures auraient pu éviter cette situation."







