Le conducteur responsable de la mort d'un couple dans un accident survenu à Chaingy le 13 juillet 2025 a été condamné ce mardi à trois ans de prison ferme, avec une peine supplémentaire de deux ans avec sursis. Ce jugement constitue la première application du nouveau délit d'homicide routier instauré peu avant l'accident.
Ce drame a eu lieu aux premières heures du matin, lorsque l’Audi blanche du prévenu a percuté de plein fouet le couple, respectivement âgés d’une cinquantaine d’années, alors qu'il tentait de dépasser à vive allure malgré l'interdiction. L'accident a été d'une violence telle que les victimes ont perdu la vie sur le coup.
Le prévenu, un jeune homme de 20 ans, militaire et récemment titulaire de son permis de conduire, a pris le volant après avoir consommé une quantité d'alcool bien au-dessus de la limite légale. Selon les rapports, il avait bu avec des amis pour un montant approchant les 900 euros, se traduisant par un taux d'alcoolémie de plus de 1,7 gramme par litre, soit plus de trois fois la limite autorisée. Malgré les mises en garde de ses proches, il a décidé de conduire. Selon les experts, il circulait à une vitesse approximative de 114 km/h dans une zone limitée à 50 km/h.
Un conducteur presque mutique à la barre
Devant le tribunal, le jeune homme est resté silencieux, se contentant de murmurer quelques regrets. Sa défense, assurée par Maître Audrey Elfassi, a tenté de justifier son comportement par des motifs médicaux. Cependant, face aux questions de la présidente du tribunal, il a confirmé des réponses floues, niant tout souvenir des événements et affirmant ne pas avoir consommé d'alcool régulièrement.
Des éléments accablants sont néanmoins apparus, comme des vidéos le montrant conduisant déjà à des vitesses effrénées, dépassant les 200 km/h avant le tragique accident. Sa défense a également été mise à mal par la découverte d'une bouteille de protoxyde d’azote dans les environs de l'accident, un produit qu'il a reconnu avoir déjà utilisé.
Un jugement mitigé
La procureure a requis une peine de quatre ans, soulignant le comportement passif du prévenu au tribunal. Finalement, la condamnation a été fixée à trois ans de prison, accompagnée d'un mandat de dépôt différé, ce qui signifie qu'il sera incarcéré après la tenue d'un rendez-vous avec le juge d'application des peines. Il n'est plus autorisé à obtenir un permis pendant cinq ans, et son casier judiciaire portera les traces de ce jugement, malgré l'argument de sa défense sur les conséquences sur sa carrière militaire.
Les avocats des familles des victimes se sont montrés déçus par cette décision, espérant une peine plus sévère. Maître Amélie Tottereau-Rétif a exprimé son souhait que le prévenu soit immédiatement incarcéré.







