Un individu d'origine pakistanaise en situation irrégulière a été appréhendé fin mars au péage de Chamant, près de Senlis (Oise), après avoir effectué de multiples trajets depuis Bruxelles. Ce dernier a écopé d'une peine de 6 mois de prison ferme.
Le 29 mars, les douaniers détectent un Renault Kangoo dont le conducteur, Abdul M., âgé de 42 ans, suscite des soupçons lors d'un contrôle routier au péage de Senlis-Chamant, sur l'A1, à seulement 40 km de Paris. À bord de son véhicule, les agents découvrent 35 cartons de tabac à chiquer totalisant 700 kg, évalués à près de 147 000 euros.
En garde à vue, Abdul M. se justifie en affirmant avoir accepté de transporter cette marchandise pour la somme de 350 euros, tout en niant connaître la nature des cartons. Toutefois, devant le tribunal de Senlis, il change de version. « Je savais qu’il s’agissait de tabac mais j’avais besoin d’argent », admet-il, en ajoutant qu'il avait également transporté de l'eau minérale lors de précédents trajets.
La fédération des buralistes en première ligne
La fédération des buralistes de l'Oise a décidé de se constituer partie civile dans cette affaire. Selon Me Stéphanie Pacaud, avocate de cette organisation, ce type de marché noir fragilise considérablement leur profession. Le préjudice lié à cette saisie a été évalué à 15 126,30 euros, correspondant à la marge de vente perdue.
Le phénomène de la contrebande de tabac ne se limite pas aux pertes financières pour les buralistes, il a également un impact sur les finances de l'État. La substitut du procureur, Anaïs Boucher, indique que l'année passée, 3,8 milliards d'euros de recettes fiscales ont échappé à l'État à cause de ce trafic. De plus, les peines infligées étant moins sévères que celles pour les stupéfiants, ce trafic attire de plus en plus des organisations criminelles, voire des groupes terroristes, comme moyen de financement.
Le tribunal a donc condamné Abdul M. à 6 mois de prison ferme, avec maintien en détention, et lui interdit d'entrer sur le territoire français pendant cinq ans. Son véhicule a été confisqué et il devra également payer une amende douanière de 35 000 euros ainsi que 5 900 euros de dommages et intérêts à la fédération des buralistes de l'Oise.







