Aymeric Le Brun, à la tête de l'entreprise Cyfac, emblématique fabricant de cycles sur-mesure basé à Tours, se retrouvera ce mardi devant le tribunal de commerce de Tours. Malheureusement, l'entreprise, fondée en 1982 et renommée pour avoir conçu des vélos pour des légendes comme Laurent Fignon et Bernard Hinault, a été placée en liquidation judiciaire. Ce choix difficile fait suite à une période de sauvegarde entamée en octobre 2025. Le Brun, gérant depuis plus de deux décennies, a confié que cette étape était "la seule option envisageable" face à une "situation financière extrêmement précaire". Il espère néanmoins que la recherche d'un repreneur permettra de maintenir l'activité de la société.
Malgré le rayonnement de Cyfac, notamment lors des Jeux paralympiques de Paris 2024 où l'entreprise a fabriqué des vélos pour le para-triathlon, les difficultés financières ont commencé à émerger bien avant. La perte d'un important contrat début 2025, lié à la distribution de sacoches – représentant 80 % du chiffre d'affaires – a aggravé la situation, comme l’a expliqué Le Brun. "Nous étions les représentants d'une marque allemande sur le marché français, un partenariat qui était crucial pour nous", a-t-il témoigné.
Des marques d'intérêt de repreneurs
Cependant, l'issue de cette liquidation pourrait être positive. Le gérant de Cyfac reste optimiste et affirme avoir reçu plusieurs marques d'intérêt de la part de repreneurs sérieux, issus principalement de l'industrie du vélo. "Ces personnes comprennent les défis du marché et voient les opportunités à Cyfac. Je suis convaincu qu'ils sauront redonner vie à l'entreprise de manière positive", a-t-il ajouté.
Alors que le tribunal de commerce devrait examiner et prolonger la période pour le dépôt de dossiers de reprise, Aymeric Le Brun se prépare à une nouvelle étape de sa vie. "Travailler dans ce domaine qui me passionne a été un rêve, mais parfois, la passion se transforme en une relation compliquée. Je souhaite que Cyfac prolonge l'aventure sans moi, et je suis prêt à aider durant la première année de transition", a-t-il déclaré. L'amour du vélo demeurera, qu'il souhaite partager en parcourant la France à vélo, en visant une distance de 200 à 300 kilomètres par jour. "Vivre simples activités et bénéficier de ce contact humain" restera son objectif, même en dehors de l'entreprise.







