Depuis le passage à l’euro, les Bulgares ressentent une pression croissante sur leur budget. En effet, les prix des produits de première nécessité semblent avoir pris l’ascenseur, en particulier sur la côte de la mer Noire, où l'afflux touristique exacerbe la situation. Toutefois, les analystes insistent sur le fait que la monnaie unique n'est pas le seul facteur à l’origine de cette inflation.
Selon les données fournies par Eurostat, la Bulgarie demeure l’une des destinations les plus abordables de l’Union européenne (UE). Une récente étude a même montré que les prix à la consommation en Bulgarie sont environ 40 % inférieurs à ceux de la moyenne communautaire, un chiffre repris par Vesti. À titre d’exemple, un panier de biens qui coûterait 100 euros dans l’UE ne s’élèverait qu’à 60 euros en Bulgarie, et seulement 58,9 euros en Roumanie.
“Le prix moyen des biens et des services dans le pays est inférieur d’environ 40 % à la moyenne de l’UE”, rappellent les experts. Pourtant, la perception de la population bulgare est tout autre : l’inflation annuelle, aux alentours de 6 %, dépasse la moyenne européenne, générant ainsi un climat de mécontentement vis-à-vis des prix actuels.
“Un café à moins d’un euro : impossible”
Le quotidien 24 Tchassa a récemment évoqué l’explosion des prix, en signalant que le prix du concombre avait grimpé de plus de 60 % en un an. Les tomates, symbole de l’agriculture bulgare, enregistrent une hausse de 30 %. Des comparaisons révélatrices montrent que le coût de la farine en Bulgarie, à 1,10 euro le kilo, flirte désormais avec les prix pratiqués dans des pays à revenus plus élevés, tels que la France ou l'Allemagne.
24 Tchassa souligne également que, de manière générale, les Bulgares consacrent plus de 30 % de leurs revenus à l'alimentation, contre une moyenne de 16 % au sein de l'UE. Cette situation est largement attribuée à des augmentations de prix dans les supermarchés, où certains produits de base, tels que la farine et le riz, sont vendus jusqu'à 60 % plus cher qu'ın gros.
Dans le secteur du tourisme, la hausse des coûts est palpable. L’été est particulièrement difficile, comme l'illustre le cas de Sunny Beach, destination emblématique qui perd son attrait « low cost ». Le journal 24 Tchassa s'est aventuré à évaluer les prix dans les stations balnéaires, constatant qu’il est désormais difficile de trouver un café à moins d’un euro. Les prix des plats typiques, notamment des tapas de poissons frits, ont plus que doublé.
Lutte contre la spéculation
Parmi les anomalies les plus frappantes, le tarator, cette soupe froide estivale, se vend entre 8 et 10 euros sur la côte, alors que certains établissements appliquent des augmentations de prix allant de 10 à 20 % par rapport à l’année précédente, souligne Marin Sotirov de l’Association des établissements de Varna.
Les raisons de cette montée des tarifs sont multiples, avec la hausse des coûts des matières premières, des loyers et des salaires qui jouent un rôle significatif. De nombreux consommateurs rapportent sur les réseaux sociaux des cas de spéculation et de pratiques abusives de la part de certains commerçants.
Face à cette crise, le nouveau gouvernement de Roumen Radev, via son parti Bulgarie progressiste, a récemment annoncé des mesures pour contrer cette flambée des prix. Selon Konstantin Prodanov, député de la formation, la priorité est de mettre un terme à la spéculation : “Il est essentiel de ne pas laisser les commerçants profiter de la situation.” Cette déclaration traduit la volonté politique d'agir rapidement pour rétablir un équilibre, plongeant ainsi au cœur d'une problématique économique complexe.







