Les monts Aravallis, longtemps considérés comme un rempart naturel protégeant New Delhi des chaleurs extrêmes du Rajasthan, sont actuellement sous la menace d'une exploitation minière agressive. Ce phénomène, de plus en plus envahissant, compromet leur avenir et celui de la région environnante.
Ces dernières années, les activités de construction se sont intensifiées, laissant derrière elles un paysage dévasté. Selon des rapports récents, les montagnes, d'une longueur de 700 km, sont désormais largement défigurées par des excavations qui ressemblent à des cicatrices béantes. Les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) révèlent que la dégradation environnementale entraîne une hausse des maladies respiratoires chez la population locale.
En 2025, la Cour suprême de l'Inde a exprimé sa préoccupation en interdisant l'octroi de nouveaux permis pour l'exploitation des carrières, mais, pour beaucoup, ces mesures arrivent trop tard. Avec l'avancée du désert et l'augmentation des températures, la santé des 30 millions d'habitants de la capitale est en jeu.
Les témoignages de villageois illustrent la gravité de la situation. "Les mines ont complètement détruit notre région", déplore Salle Kumar, un agriculteur qui a observé la stérilisation de ses terres. "Nos rivières sont mortes, nos exploitations ne produisent plus rien". D'autres, comme Subhash Saini, évoquent un quotidien rendu pénible par la poussière omniprésente, conséquence directe des explosions générées par les travaux d'extraction.
Leurs craintes ne sont pas infondées. Alors que le ministère de l'Environnement prétend que seulement 0,19 % de la chaîne des Aravallis est affectée, des études indépendantes révèlent une réalité bien plus alarmante, avec des surfaces d'exploitation estimées à plus de 2.300 km² dans certaines zones du Rajasthan. L'écologist Kailash Meena souligne l'absence de régulation stricte et alerte sur la hierarchie insuffisante des permis d'exploitation.
C.R. Babu, un autre défenseur de l'environnement, met en lumière le rôle crucial des Aravallis comme barrière contre les tempêtes de poussière et les vagues de chaleur. "Si ce rempart n'est pas protégé, la plaine du nord du Gange, qui est vitale pour la production alimentaire, risque de devenir désertique", avertit-il.
Alors que les températures à Delhi atteignent des sommets alarmants, les voix des écologistes se font entendre plus fort. De nombreux habitants, motivés par une prise de conscience tardive des dangers, commencent à s'organiser contre cette destruction. À Bhagwanpura, une jeune militante, Nikita Meena, et ses voisins montent la garde pour protéger leur colline contre les intrus, déterminés à faire front à l'exploitation destructrice.
Les Aravallis, bien qu'en train de se dégrader, abritent encore une diversité de faune et de flore. Pour combien de temps encore? Les habitants s'interrogent, soucieux de la survie de ce précieux écosystème.







