François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a récemment déclaré qu'il est encore "trop tôt" pour évaluer l'opportunité de taxer les surprofits des grandes entreprises énergétiques. Bien que certains partis politiques, comme le Parti socialiste, militent en faveur de tels impôts, Villeroy estime que toute mesure devrait être "ciblée et temporaire".
Lors d'un entretien accordé à BFMTV/RMC, il a évoqué la possibilité d'une contribution de la part de grandes entreprises telles que TotalEnergies, qui a vu son bénéfice net s'accroître de près de 50 % au premier trimestre de cette année, en raison de la flambée des prix causée par la guerre au Moyen-Orient. Le Rassemblement National partage également cette idée de taxation temporaire, en lien avec des plafonnements de prix à la pompe.
Villeroy de Galhau, également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a souligné l'importance de maintenir les dispositifs d'aide aux trois millions de travailleurs modestes qui parcourent de longues distances. Il insiste sur le fait que ces aides doivent rester temporaires afin d'éviter les erreurs du passé, où des mesures prolongées ont été maintenues même lorsque les prix du pétrole ont chuté. "Nous n'avons plus les moyens de financer des mesures générales", a-t-il précisé.
Des aides jugées inefficaces
En parallèle, le gouverneur a critiqué les mesures générales mises en place pour contrer la hausse des prix, les qualifiant d'"assez inefficaces". Ces dispositifs incitent à une demande accrue de carburant, ce qui contribue paradoxalement à l'augmentation des prix au lieu de les faire baisser. Ainsi, une indemnité de carburant de 50 euros a été annoncée, mais celle-ci ne sera accessible qu'à partir du 27 mai.







