Le syndicat CGT d’Argedis, une filiale de TotalEnergies gérant près de 200 stations-service, notamment sur autoroute, incite les employés à cesser le travail ce vendredi. Ce mouvement vise à réclamer une assistance financière pour faire face à l'augmentation continue des prix des carburants. Ce phénomène, exacerbée par les tensions géopolitiques, pèse de plus en plus sur les budgets des travailleurs. "Le carburant est devenu très cher, nous avions demandé de l'aide à Total, mais la réponse a été négative. Après plusieurs tentatives de négociation infructueuses, nous avons décidé de passer à l’acte", a déclaré Djamila, déléguée syndicale CGT.
Lors de la dernière réunion de négociations, la direction proposait une "prime carburant" variant de 15 à 40 euros par mois, en fonction de la distance parcourue par les employés pour se rendre au travail. Cette somme a été qualifiée de "miettes" par le syndicat, qui, à l'approche des départs en vacances, appelle à un "blocage" des stations-service de la multinationale. Selon des sources proches des discussions, la situation financière des salariés est devenue "intenable".
Une situation financièrement intenable
Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient en février, TotalEnergies a mis en place un plafonnement des prix des carburants, entraînant un afflux massif de clients dans ses stations, et augmentant la charge de travail pour les employés. Cela a été souligné par le syndicat, qui a exprimé des inquiétudes concernant les conditions de travail. La direction de TotalEnergies, interrogée par l'AFP, n’a pas fourni de commentaires pour le moment.
Les données fournies par la CGT révèlent qu'un certain nombre de salariés doit faire face à des dépenses de carburant atteignant 400 euros par mois, pour un salaire net de 1 600 euros, touchant ainsi une majorité des travailleurs d’Argedis. "Nous faisons partie intégrante de l'entité de TotalEnergies, mais nous ne bénéficions pas des mêmes avantages", a indiqué la déléguée syndicale, illustrant les disparités au sein de l'entreprise.
TotalEnergies compte à présent 3 300 stations-service à travers la France métropolitaine, mettant en lumière l’ampleur des impacts de cette crise pétrolière sur les salariés et les automobilistes.







