Le gel des retraites annoncé par François Bayrou pour 2026 n'est que la première étape d'une réforme plus vaste. Selon Les Echos, l'exécutif entend également cibler les 17 millions de retraités en minorant les futurs ajustements des pensions jusqu'en 2030.
À l'approche d'un vote de confiance crucial pour François Bayrou, Les Echos dévoilent un projet gouvernemental qui s'attaque une nouvelle fois aux retraités, souvent désignés comme les "boomers". Dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale discuté cet automne, une sous-indexation des retraites serait mise en place jusqu'en 2030.
Des ajustements budgétaires en vue
Actuellement, le gouvernement impose "une année blanche" pour 2026, entraînant le gel des revalorisations automatiques des retraites, des prestations sociales et du barème de l'impôt. Pour les quatre années suivantes, seules des revalorisations annuelles des pensions d'au moins 0,4% seraient envisagées, une mesure qui pourrait pénaliser les retraités en période d'inflation. Par exemple, si l'inflation atteint 1%, la hausse des pensions n'excéderait pas 0,6%.
Cette sous-indexation pourrait générer des économies, estimées à 3,6 milliards d'euros en 2027, 4,8 milliards en 2028 et 6 milliards en 2029, selon Les Echos.
Échos du passé : une réforme qui soulève des préoccupations
Traditionnellement, les pensions de retraite sont revalorisées automatiquement chaque 1er janvier en fonction de l'inflation, sauf décision contraire du gouvernement. En 2024, l'idée d'une sous-indexation avait déjà suscité une vive réaction des oppositions, entraînant la chute de l'ancien gouvernement. L'absence de budget avait alors conduit à une revalorisation des pensions de 2,2%, coûtant 6,5 milliards d'euros.
Cette proposition de limitation de l'indexation des pensions n'est pas inédite. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a, dans son rapport du 10 juillet, préconisé de restreindre la revalorisation afin de rétablir l'équilibre du système. De plus, lors de récents débats, les partenaires sociaux avaient évoqué une sous-indexation possible de 0,8% en 2026, suivie d'un ajustement de 0,4% entre 2027 et 2030, en ligne avec les plans du gouvernement.







