La microstation d'épuration représente une option efficace et autonome pour le traitement des eaux usées domestiques. Grâce à un processus biologique innovant, elle purifie simultanément les eaux vannes et les eaux grises, tout en nécessitant un espace foncier minimal.
Limites et exigences du système
Les installations d'assainissement non collectives par microstation traitent l'ensemble des eaux usées domestiques. Néanmoins, leur fonctionnement dépend d'un équilibre délicat. Les apports excessifs d'eau, ainsi que l'introduction de substances toxiques peuvent entraîner des problèmes majeurs. Il est donc crucial d'exclure ou de limiter certains apports :
- d'eaux pluviales et de drainage de grands bassins,
- d'effluents chargés en hydrocarbures (essence, gazole, huiles, etc.),
- de solvants et dérivés chimiques (peintures, colles, déboucheurs),
- de quantités importantes de produits chlorés,
- de broyeurs d'ordures ménagères,
- de produits peu biodégradables (lingettes, serviettes hygiéniques, plastiques).
Un maintien régulier de matières organiques est nécessaire, rendant ces systèmes inadaptés aux habitations saisonnières. Un approvisionnement accru en graisses alimentaires, par exemple, nécessite un bac à graisse avant l'arrivée dans la station.
Normes et réglementations
Les microstations doivent respecter des normes strictes. Celles qui traitent moins de 1,2 kg par jour de charge brute doivent obtenir une accréditation du ministère compétent et afficher un marquage CE, selon :
- l'arrêté du 7 mars 2012 modifiant celui du 7 septembre 2009 sur les ANC,
- les normes européennes et nationales en vigueur.
Un dossier complet doit être soumis lors des demandes de permis de construire, comportant notamment une étude de l'installation et une évaluation géologique du terrain. Pour les locaux à usage non résidentiel, un bureau d'études spécialisé est requis.
Fonctionnement et techniques des microstations
Les microstations se présentent sous forme de cuves étanches, généralement en béton ou en matière synthétique, utilisant principalement trois techniques de traitement :
- Cultures libres : Ces dispositifs comprennent plusieurs compartiments. Les eaux usées sont d'abord séparées entre solides et liquides avant d'être traitées par des colonies de bactéries.
- SBR (Réacteur séquentiel) : Ce système optimise le rendement en intégrant tous les processus dans une seule cuve, utilisant des cycles d’aération alternés pour une clarification plus rapide.
- Cultures fixées : Les cuves sont habillées de supports biologiques qui permettent à un grand nombre de bactéries de se développer, garantissant une épuration efficace.
Avantages :
- Installation possible dans des zones sans tout-à-l'égout.
- Petite surface d'occupation (entre 5 et 10 m²).
- Réduction des nuisances olfactives.
- Efficacité d'épuration élevée (90 à 99 %).
- Utilisabilité en zones sensibles avec certaines configurations.
Inconvénients :
- Nécessité d'une alimentation électrique continue.
- Entretien régulier requis.
- Maintenance par un professionnel recommandée.
- Vidange obligatoire par un service agréé.
Coûts : Le coût d'une installation varie entre 5 000 et 7 000 € TTC, selon la nature du terrain. Des contrats de maintenance annuels peuvent aller de 150 à 400 € TTC, tandis que les frais de vidange des boues se chiffrent entre 180 et 300 € TTC.







