Vous constatez que vos courses coûtent plus cher tout en s'épuisant plus rapidement ? Ce phénomène, désigné par le terme "shrinkflation", est dénoncé par l'association Foodwatch qui cible spécifiquement six marques.
Le concept de shrinkflation, qui traduit littéralement la réduction des quantités, désigne une pratique de plus en plus courante : les emballages de produits alimentaires se réduisent, tandis que les prix restent constants. Dans un communiqué publié le 1er septembre, Foodwatch alerte sur ce phénomène grandissant. "Le problème est souvent difficile à identifier car les consommateur.trice.s n'ont pas l'occasion de comparer les formats en rayon", explique Camille Dorioz, directeur de campagne.
Des marques dans le viseur
À travers une enquête minutieuse, Foodwatch a identifié six marques qui adoptent cette pratique : Kiri, St Hubert, Saint Louis, Salvetat, Lindt et Teisseire. Prenons l'exemple des bouteilles d'eau Salvetat, dont le volume a été réduit de 1,25 L à 1,15 L sur une période de deux ans, entraînant une diminution de 8% de la quantité d'eau. Pendant ce temps, le prix au litre a grimpé de 15%, tandis que le prix unitaire n'a augmenté que de 5%. Un autre cas notable est celui de Teisseire, dont les bouteilles de sirop sont passées de 75 cl à 60 cl, une réduction de 20% de la quantité. Au Carrefour, le prix au litre de ce sirop a bondi de 37%, alors que le prix à l'unité n'a été augmenté que de 12%.
Selon John Plassard, analyste financier, ce phénomène ne concerne qu'environ 2% des produits des grandes surfaces, touchant particulièrement des catégories comme les céréales et les tablettes de chocolat.
Appel à la transparence
Foodwatch, par le biais d'une pétition, demande plus de transparence : "Nous sollicitons en priorité les marques concernées, les fabricants et les distributeurs à s'engager à informer clairement les consommateur.trice.s des modifications apportées", précise Camille Dorioz. Il est regrettable de constater que cette pratique, bien qu'éthiquement discutable, reste tout à fait légale, tant que les marques indiquent clairement le poids des produits sur les emballages, évitant ainsi de tromper les consommateurs, comme le précise Guillaume Forbin, avocat spécialisé en droit de la consommation.







