Retraite complémentaire : fin de la pénalité de 10% pour les départs anticipés ?

Retraite complémentaire : fin de la pénalité de 10% pour les départs anticipés ?

Avec le report imminent de l'âge de départ à la retraite, la logique derrière la minoration de 10% instaurée par l'Agirc-Arrco pour encourager le travail prolongé est remise en question.

Depuis 2019, opter pour une retraite dès l'obtention du nombre requis de trimestres entraîne une réduction de 10% de la retraite complémentaire durant trois ans, un malus que l'on peut annuler en travaillant un an de plus après l'âge légal. Inversement, ceux qui décident de travailler plus longtemps bénéficient d'une majoration de 10% sur leur retraite complémentaire pour une année si ils poursuivent leur activité pendant deux ans supplémentaires, et jusqu'à 30% en fonction de la durée de travail prolongé.

Cette mesure, associée à d'autres mesures comme le gel du point de retraite et l'augmentation des cotisations, visait à équilibrer les comptes des régimes de retraite complémentaires. Ce dernier objectif semble atteint, puisque les caisses affichent désormais un excédent.

Un système peu incitatif

En 2020, seulement 9% des nouveaux retraités ont décidé de retarder leur départ pour éviter la pénalité. La majorité, soit 55%, a choisi de liquidé sa retraite à taux plein, subissant ainsi la minoration de 10%. Comme l’explique Pascale Gauthier, directrice de Novelvy retraite, “les individus anticipent leur retraite comme une étape de vie planifiée et sont souvent réticents à l'idée de décaler cette décision en raison d'une pénalité.” Par ailleurs, beaucoup préfèrent liquidé leur retraite un trimestre avant le taux plein plutôt que d’encourir un malus temporaire de trois ans.

Un excédent à considérer

Fin 2021, le régime des retraites complémentaires avait déjà enregistré un excédent de 2 milliards d’euros, augmentant significativement avec les prévisions économiques favorables de 2022, dues au rebond post-Covid. Cette situation financière solide interroge la nécessité de conserver le système de malus, particulièrement avec le recul de l'âge légal à 64 ans.

Révisions et ajustements à venir

Les partenaires sociaux doivent se réunir pour une revue de la situation en avril 2023, après le vote de la réforme au Parlement. Les enjeux autour de la suppression éventuelle du malus, notamment pour les générations concernées, restent à définir. Plusieurs options sont envisagées, dont l'éventualité d'un malus progressivement réduit en fonction du report de l'âge de départ. Les incertitudes demeurent, en particulier pour ceux déjà héritiers du malus. Le débat autour de la réforme des retraites s’annonce donc encore long.

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