Pour certains, la cryogénisation est un rêve irréaliste, tandis que d'autres voient en elle un moyen audacieux de défier la mort grâce à la technologie. Cette technique, qui consiste à conserver les corps à des températures très basses, espère un jour permettre aux défunts de revenir à la vie grâce aux avancées scientifiques. Une pratique qui continue de faire débat, accessible uniquement à une élite fortunée.
Les origines de la cryogénisation
Ce concept trouve ses racines dans des récits de science-fiction. Au temps des missions spatiales, la nécessité d'endormir les astronautes pour de longues traversées a fait surgir l'idée de la cryonie. En 1962, Robert Ettinger publie La Perspective de l’immortalité, ouvrant la voie à une pratique qui démarre vraiment en 1967, lorsque James Bedford devient le premier cryogénisé. Malgré les critiques de la communauté scientifique dès ses débuts, des exemples comme la salamandre sibérienne, capable de survivre des décennies dans le permafrost, alimentent l’espoir des partisans de cette technologie.
La science derrière la cryogénisation
Bien que marginale, cette pratique persiste. Actuellement, on recense environ 350 personnes cryogénisées dans le monde, principalement aux États-Unis et quelques-unes en Russie. La cryonie repose sur l'idée que la mort est un processus que l'on peut éventuellement inverser. Les méthodes se sont améliorées ; les adeptes soutiennent qu'il faut procéder à la cryogénisation dans les six heures suivant la mort clinique, idéalement dans de bonnes conditions de santé. Les sociétés offrant ces services interviennent souvent sur le lieu du décès, sauf si la personne a choisi de mourir dans leurs locaux.
Quelle est la procédure ?
La procédure actuelle s'articule comme suit : les fonctions cardiaques sont maintenues artificiellement pour continuer l'irrigation cérébrale, tandis que le corps est immergé dans un bain de glace. L'eau et le sang sont ensuite remplacés par un liquide cryoconservateur chimique pour limiter la formation de cristaux et protéger les cellules. Cette technique de vitrification, développée depuis 2004, tente d'éviter les dommages des cristaux de glace, bien qu'elle ne soit pas sans limites.
Une fois la vitrification effectuée, la température est progressivement abaissée à -196°C. Les corps sont alors conservés dans des récipients spéciaux en attendant une hypothétique résurrection, un défi toujours insurmontable à l'heure actuelle. De nombreuses organisations, comme le Cryonics Institute et Alcor, continuent d'offrir des services de cryogénisation, mettant principalement l'accent sur la préservation du cerveau, considéré comme le centre de la pensée et de la mémoire.
La législation entourant la cryogénisation
Actuellement, la cryogénisation demeure une pratique spéculative, soumise à des débats éthiques et légaux. L'incertitude quant à la possibilité de restaurer les corps dans un état fonctionnel pousse à la réflexion sur la nature de la conscience et des souvenirs. Plus alarmant encore, la technique est interdite dans de nombreux pays, y compris la France, où seuls l'inhumation et la crémation sont permis. Malgré la volonté d’individus de laisser un héritage futuriste, les lois actuelles ne semblent pas évoluer rapidement, comme l'a démontré l'affaire du Docteur Martinot, un pionnier français qui a été confronté à l'opposition des autorités pour ses essais de conservation.







