Lors de son discours de politique générale, François Bayrou a confirmé qu’il remettrait "en chantier" la réforme des retraites, tout en évitant le terme controversé de "suspension". Cette reformulation pourrait ne pas lui épargner un vote de censure, déjà promis par certains partis de gauche. Le Rassemblement National a, quant à lui, opté pour une abstention en matière de censure.
Le Premier ministre a souligné la nécessité d’explorer de nouvelles voies pour la réforme, sans tabou sur des sujets comme l'âge de départ à la retraite, à condition de maintenir l'équilibre financier du système. "Cette réforme est essentielle pour notre pays et pour notre modèle social", a-t-il insisté, tout en reconnaissant des marges de progrès.
Renégociation de la réforme : méthode et calendrier
Pour mener à bien cette mission, il a désigné les partenaires sociaux, qui se réuniront dès vendredi. Il a annoncé qu'une "mission flash" serait demandée à la Cour des comptes pour établir des données objectives, critiquées par certains acteurs. Ces chiffres seront diffusés, permettant aux partenaires sociaux de disposer de trois mois pour discuter des ajustements.
Alors que la loi de 2023 prévoit un relèvement de l'âge légal à 63 ans d'ici fin 2026, plusieurs options sont envisagées, notamment un retour à l'âge de 63 ans, comme souhaité par la gauche. François Bayrou souhaite finaliser ce dossier à l'automne, en lien avec le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.
Il a également proposé la création d'une "délégation permanente" rassemblant les représentants de chaque organisation, qui se réunira dès vendredi pour discuter de tous les sujets pertinents. Cette approche promet une participation active des partenaires sociaux, avec une flexibilité sur les points à aborder.
Pistes d'améliorations et autres annonces de Bayrou
Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC en charge des retraites, a salué la démarche de Bayrou, qui permettrait de discuter des sujets de la pénibilité au travail, de la retraite des femmes et de l'emploi des seniors.
Les éléments en discussion incluent :
- La pénibilité et son impact sur les carrières.
- La retraite des femmes, dont les montants sont souvent inférieurs à ceux des hommes.
- La nécessité de solutions flexibles concernant l'âge légal de départ.
En plus de la réforme des retraites, Bayrou a abordé d'autres enjeux : un objectif de déficit public de 3 % d'ici 2029, une proposition de réforme du scrutin législatif, et la création d’une banque de la démocratie. Il a aussi évoqué des mesures pour améliorer le système éducatif et favorisant la formation continue des professeurs.
Le Premier ministre a confirmé que les initiatives de déremboursement de certains soins ne seraient pas reconduites et a annoncé une augmentation significative des dépenses de santé. Concernant le logement, il souhaite remettre à plat les politiques pour répondre à la crise actuelle. Bayrou a aussi affirmé son engagement à entreprendre une réforme de l'audiovisuel public et à donner plus de pouvoir à l'évaluation parlementaire des agences publiques.







