D'aliment miracle à ennemi public, la perception du lait de vache a radicalement changé en France. Selon une enquête récente, près de 65% de la population affirme avoir consommé du lait en 2018, un chiffre qui a suscité des inquiétudes au sein de la filière laitière. Analysons les raisons de ce désamour.
Une consommation en déclin
Historiquement présenté comme un élixir de croissance, le lait de vache voit sa consommation diminuer depuis 2003. Une enquête parue récemment révèle que 2,3 milliards de litres de lait ont été achetés en 2018, soit une baisse de 3,3% par rapport à l’année précédente. Ces chiffres témoignent d'un changement dans les habitudes alimentaires et d'une remise en cause des bienfaits longtemps vantés de ce produit.
Des recommandations nutritionnelles remises en question
Thierry Souccar, auteur du livre Lait, mensonges et propagande, a sonné l'alarme en critiquant les recommandations officielles invitant à consommer trois à quatre produits laitiers par jour. Il rétorque qu'aucune justification scientifique ne prouve la nécessité d'une telle consommation. Selon des études, une consommation élevée de lait pourrait être liée à un risque accru de cancer de la prostate, d'obésité et de diabète de type 1.
- En 2017, l'Anses a adopté une approche plus prudente, conseillant de limiter la consommation à deux produits laitiers par jour.
- Cette décision est cependant critiquée par certains professionnels considérant qu’elle complique l’apport nécessaire en calcium.
Calcium : un chapitre controversé
La question du calcium est centrale dans ce débat. Bien que souvent associé à la santé osseuse, plusieurs études remettent en cause l'idée selon laquelle le lait est essentiel. L'OMS recommande un apport de 500 mg de calcium par jour, tandis que le ministère de la Santé français suggère 900 mg. Les controverses persistent concernant l’efficacité du calcium dans la prévention de l’ostéoporose.
Effets du lait sur la santé
Le lait est également soupçonné d'augmenter le risque de différents cancers. Le rapport de l'Anses a établi une corrélation entre la consommation de produits laitiers et un risque accru de cancer de la prostate. Par ailleurs, bien que le lait puisse avoir des effets protecteurs contre le cancer colorectal, ces effets restent à nuancer.
Les inquiétudes ne s’arrêtent pas là. L'intolérance au lactose, touchant une large part de la population mondiale, et les allergies aux protéines de lait posent aussi des questions sur la pertinence d'une consommation généralisée de lait.
La controverse autour du lait de vache persiste, rendant la consommation modérée préférable. Comme le conclut Souccar, il n'est pas nécessaire de faire l’impasse sur le lait, mais nul besoin de le consommer à outrance pour être en bonne santé.
*Article modifié suite à une mise à jour.







