Infirmière libérale depuis trois décennies, Laëtitia, installée dans le Périgord Vert, envisage de mettre un terme à son activité. Avec des trajets quotidiens de 250 kilomètres entre verteillac et Javerlhac, le plein de son Volkswagen T-Roc devient un véritable fardeau financier.
Pour elle, faire le plein d'essence est devenu un calvaire. "Je fais le plein tous les trois jours. Récemment, le prix était de 1,90 euro, maintenant, il est à 2,10 euros le litre. Chaque plein coûte maintenant 15 euros de plus, comptabilisant entre 250 et 300 euros additionnels de gazole par mois."
Impact sur le revenu
Laétitia ne peut pas répercuter cette augmentation sur le tarif de ses consultations, qui est fixé par la sécurité sociale. En tant qu'auto-entrepreneuse, elle constate que, lorsque les charges augmentent mais que le revenu reste inchangé, son chiffre d'affaires diminue. "À la fin de l'année précédente, j'ai dû puiser dans mes économies pour payer les études de ma fille. Après 30 ans dans cette profession, il devient difficile de poursuivre avec de telles contraintes financières."
Réduction de la zone d'intervention
La situation se dégrade. "Je n'aurais jamais pensé faire face à de telles difficultés dans mon métier". Pour rester viable, Laëtitia a été contrainte de diminuer ses trajets. "J'ai dû déléguer certains patients à d'autres cabinets plus proches. Cela m'a permis de réduire mes trajets à environ 150 kilomètres par jour."
Elle prend en charge une quarantaine de patients, mais se demande si cela vaut encore le coup. "Je ne vais pas travailler à perte, il y a un moment où il faut mettre un terme à tout cela."
Vers une solution électrique
Clémence, l'une de ses collègues, a envisagé une alternative. Bien qu'hésitante, elle a fait le saut vers un véhicule électrique. "J'ai pris le temps de calculer mes dépenses, et je me suis rendu compte que passer à l'électrique était financièrement plus judicieux. Avant, je dépensais 800 à 900 euros par mois. Maintenant, avec une borne de recharge chez moi et une Audi E-Tron, cela ne me coûte que 120 euros par mois. Il n'y a pas photo !"
Alors que cette situation économique continue d’évoluer, de nombreux infirmiers libéraux se retrouvent à repenser leur modèle de travail, à la recherche de solutions pour assurer leur pérennité financière dans un secteur confronté à de nombreux défis.







