Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les coûts à la pompe ont fortement augmenté, atteignant récemment plus de 100 dollars le baril. Pour faire des économies, de nombreux Français n'hésitent pas à traverser la frontière pour se ravitailler en Espagne, où l'essence affiche un prix légèrement plus bas. Mais quelles en sont les raisons ?
Une question de taxation
La clé de cette différence réside principalement dans la fiscalité. Stéphanie Villers, conseillère économique chez PwC, explique que la France applique des taxes particulièrement élevées sur le carburant. "La France a toujours eu l'un des systèmes fiscaux les plus lourds sur le pétrole," précise-t-elle. En effet, les taxes s'élèvent à environ 65 centimes par litre en France, soit 60 % du prix total, contre seulement 40 à 45 centimes en Espagne.
De plus, la présence de nombreuses stations indépendantes en Espagne favorise la concurrence, tandis qu'en France, le marché est dominé par de grandes compagnies pétrolières et des hypermarchés. "Cette concurrence permet aux stations de jouer sur les prix pour attirer les clients," ajoute Stéphanie Villers, même si elle souligne que la taxation reste le facteur principal.
Une hausse généralisée
Cette disparité peut entraîner une économie de 15 à 20 euros sur le plein, un montant non négligeable à une époque où les prix sont en constante augmentation. Néanmoins, la hausse des prix atteint également les automobilistes espagnols. Comme l'a noté Gérald, un automobiliste gardois : "J'ai constaté une augmentation de 30 centimes en l'espace d'une semaine en Espagne." Des situations similaires se déroulent également au Luxembourg et en Belgique, où le prix du diesel a déjà atteint les 2 euros dans certaines stations, selon Bruxelles Today.
Un bouclier tarifaire en perspective ?
Plus tôt cette semaine, Sébastien Lecornu a évoqué la possibilité d'instaurer des mesures telles qu'un "plafonnement des marges" pour atténuer les fluctuations des prix. Toutefois, Frédéric Plan, conseiller de la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage, souligne que cette approche pourrait créer des inégalités entre grandes et petites stations. Le gouvernement avait déjà instauré un bouclier tarifaire en 2022 pour protéger les ménages face à la hausse des coûts énergétiques. Cependant, Stéphanie Villers met en garde contre la viabilité d'une telle mesure aujourd'hui, compte tenu d'un contexte budgétaire déjà fragile.







