Un expert en droits des consommateurs a engagé des poursuites contre Sony, le géant japonais derrière la Playstation, accusé de pratiques de prix excessifs dans son magasin en ligne. Ce procès, d'une ampleur colossale atteignant près de deux milliards de livres sterling (soit 2,31 milliards d'euros), a été initié à Londres le 10 mars et vise à mettre lumière sur les abus qui auraient duré près d'une décennie.
D'après Alex Neill, la spécialiste des droits qui a lancé cette action, « acheter une Playstation laisse peu d'options aux joueurs pour acquérir des jeux numériques, les rendant ainsi captifs d’un système de prix souvent exagéré ». En effet, le Playstation Store récolte les faveurs de nombreux gamers, mais sert aussi de vitrine où les prix peuvent atteindre des sommets, en contrastant fortement avec d'autres marchés.
Des prix stratosphériques sur le 'Playstation Store'
Les plaignants pointent un jeu tel que « Assassin’s Creed Shadows » pour PS5, qui s'affiche à environ 70 livres sur le store, soit le double du prix pour une version physique chez des détaillants comme Curry’s. « Il est incompréhensible de constater que les versions numériques soient plus chères, alors que dans d'autres secteurs, comme celui du livre, cette situation est inversée », explique Neill.
Les plaignants incriminent également une commission de 30 % sur les achats, impactant également les contenus additionnels, tout en notant des taux plus bas sur d’autres plateformes de vente en ligne, notamment sur PC, suscitant ainsi des interrogations sur la transparence du secteur.
La défense de Sony
Cette action judiciaire concerne environ 12,2 millions d'individus, regroupés sous un type de procédure qui inclut de facto tous les clients potentiellement affectés, sauf indication contraire.
Cependant, Sony se défend vigoureusement, arguant qu'en tenant compte de la totalité du système — incluant le coût de la console et des jeux —, il est évident que la rentabilité du système Playstation n'est pas excessivement élevée. « Les prix pratiqués sur nos plateformes restent équivalents à ceux sur d’autres marchés. Si nos tarifs étaient vraiment inacceptables, les consommateurs se tourneraient naturellement vers d’autres options », fait valoir un porte-parole de Sony.







