Le lundi 9 mars, le tribunal correctionnel de Chartres a prononcé une condamnation significative contre Sébastien Muller, l'ancien directeur du zoo-refuge La Tanière. Il a été sanctionné à 15 mois de prison avec sursis, assortis d'une période probatoire de deux ans, d'une obligation de soins, d'un stage sur la lutte contre le sexisme, et d'une interdiction de fréquenter l'établissement durant cinq ans.
En septembre 2025, plusieurs salariées du zoo-refuge, situé à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir), avaient dévoilé à Le Parisien des pratiques qu'elles qualifiaient de dysfonctionnements graves et d'un environnement de travail toxique, dès l’ouverture du zoo au public en 2021. Les salariés ont évoqué avoir subi des pressions, des humiliations et des comportements sexistes de la part de leur supérieur.
D'autres plaintes en cours d'instruction
Cet arrêt du tribunal constitue une première décision judiciaire, alors que d'autres plaintes restent en enquête. À la sortie de l'audience, plusieurs plaignantes ont témoigné de leur soulagement. L'une d'elles, encore en poste au sein du zoo, a déclaré : « Le principal, c'est qu'il soit reconnu coupable. La durée de la peine est secondaire. Ce qui comptait, c'était que la justice admette ce que nous avons vécu. » Au total, la décision du tribunal prévoit plus de 15 000 euros d'indemnisations pour les victimes.
Une autre ancienne salariée, ayant quitté la structure, a partagé les retombées professionnelles dues à cette expérience. « Ils ont gâché ma vie professionnelle », a-t-elle confié, précisant qu'elle occupe aujourd’hui un poste moins stimulant que celui qu'elle avait au zoo-refuge. « Je regrette cet emploi, mais je n'avais pas d'autres choix. »
Amary Donavan, un ancien salarié, était présent pour soutenir ses anciennes collègues et a décrit le comportement de Muller au travail. « Je voyais ce qu’il se passait. Il hurlait en réunion et menaçait les employés, répétant : La loi, c’est moi. »
Un autre ex-soigneur, qui a quitté l'établissement en décembre 2025, a constaté une amélioration de l'atmosphère au sein de l'équipe depuis le départ de Muller. « Mes anciennes collègues se sentent mieux maintenant », a-t-il déclaré.







