Les élèves, concentrés sur leurs exercices, apprennent à manipuler des systèmes qui étaient peu familiers jusqu'à récemment. "Habituellement, nous utilisons des gants pour éviter de nous salir, mais ici, c'est une question de propreté et de sécurité précises", explique une jeune mécanicienne. Pour elle, le débranchement d'une batterie de voiture hybride est moins complexe que certaines interventions sur les moteurs thermiques.
Encadrés par le professeur Éric Maufront, les étudiants sont guidés tout au long du processus d'apprentissage. "Il reste juste à débrancher quelques éléments et à retirer les vis pour enlever la batterie", indique-t-il avec précision.
Un autre exercice consiste à démonter une batterie de 500 kg d'un véhicule entièrement électrique. La sécurité étant primordiale, les élèves vérifient la tension avant de procéder à des interventions. Chaque étudiant doit passer par une formation d'Habilitation électrique, un atout précieux sur le marché du travail, surtout lors des embauches dans les concessions automobiles.
Éric Maufront souligne l'importance de la formation : "La réparation automobile inclut aujourd'hui les voitures hybrides et électriques. Il est essentiel que nos élèves se familiarisent avec les systèmes électriques et les batteries, car cela prendra une place de plus en plus importante dans leur carrière." Les ventes de véhicules électriques augmentent chaque année, reflétant l'évolution du secteur et la nécessité de compétences adaptées.
D'autres élèves, habitués aux moteurs traditionnels, s'accoutument également à ces nouvelles technologies. L'équipement de protection individuelle (EPI) est crucial : gants isolants, visières et casques sont de rigueur. "Nous devons être vigilants. Parfois, un arc électrique peut se produire, et il est impératif que nous soyons bien préparés", explique Luis de Sousa Moreira, étudiant en deuxième année de BTS maintenance des véhicules.
Du côté de la maintenance moto, l'électrique intrigue mais suscite des réserves. "En région Centre, la moto électrique reste encore rare, mais nous devons enseigner ces compétences en raison de la demande croissante dans d'autres régions, notamment à Paris", indique Quentin Fontaine, enseignant en maintenance moto.
Les étudiants partagent également leurs préférences : "Pour moi, personnellement, le bruit d'un moteur reste insubstituable. Une moto électrique, c'est spécial, mais ça ne plaît pas à tout le monde", confie Ylane, étudiant en BTS.
Pour maintenir une formation pratique de qualité, le lycée entretient des partenariats avec diverses marques et reçoit des dons de véhicules, permettant ainsi une formation au plus près des réalités du secteur. L'augmentation de 12% des ventes de voitures électriques en Europe en 2025, par rapport à 2024, témoigne de l'importance de préparer ces futurs mécaniciens à un marché en pleine transition.
Reportage de A. Wernert, C. Krief et A.-A. Bensallam, D. Pouget, C. Mette et F. Marcel.






