Les élections municipales récentes signalent un affaiblissement notoire de la gauche socialiste et de ses alliés dans les villes de taille intermédiaire. Ce constat est mis en lumière par un rapport de la Fondation Jean Jaurès, évoqué ce jeudi.
Nommée "Municipales 2026 : vers qui s'est (vraiment) tournée la France des villes moyennes?", cette étude se penche sur les résultats de 140 communes regroupant plus de 15 000 résidents, au sein d'unités urbaines comprises entre 20 000 et 100 000 habitants.
Achille Warnant, géographe et coauteur de l'étude, déclare : "On constate que la gauche touche son plus bas niveau historique depuis 1971, année de la fondation du Parti socialiste lors du congrès d'Alfortville en 1969." En 2020, la gauche avait semblé reprendre des forces, mais l’analyse actuelle révèle qu'elle ne contrôle que 24 villes moyennes aujourd'hui, un chiffre alarmant comparé aux 66 de 2008.
Des villes significatives comme Aurillac (Cantal), le Creusot (Saône-et-Loire), et Cherbourg-en-Cotentin (Manche), toutes antérieurement à gauche, ont basculé vers la droite. Tulle (Corrèze), réputée bastion de François Hollande, a également été perdue. De plus, des municipalités comme Millau (Aveyron) et Périgueux (Dordogne), précédemment conquises en 2020, échappent aussi à la gauche.
Là où la gauche a remporté des élections, comme à Abbeville (Somme) et Bergerac (Dordogne), cela est souvent attribué à la fragmentation de l'opposition. L'étude souligne : "En résumé, la gauche atteint un niveau historiquement faible."
À contrario, la droite se retrouve renforcée, malgré quelques revers. Cette dynamique est en partie attribuée à un "effet de reclassement", où des élus de centre se rattachent à la droite. Cependant, cette montée ne se résume pas à une seule affiliation aux Républicains ; un nombre important de maires appartient à des partis comme Horizons, UDI ou divers-droite.
Parallèlement, le Rassemblement National conserve ses trois mairies de 2020 et a réalisé des gains dans six autres villes, renforçant ainsi sa présence dans le sud-est et le sud-ouest. Montauban (Tarn-et-Garonne) et Carcassonne (Aude) sont des exemples marquants de cette évolution.
Warnant ajoute : "Le RN parvient à s’imposer dans des régions nouvellement acquises, comme Vierzon (Cher), qui passe de communiste à divers-extrême droite." Il souligne également la coopération de militants RN avec des listes divers-droite, sans susciter de controverse, indiquant une porosité croissante entre certains éléments de la droite et l'extrême droite.







