Sur la piste du complexe euroméditerranéen de Montrodat, en Lozère, les curieux ne peuvent pas manquer le spectacle singulier des engins de frame running, qui ressemblent à un mélange entre draisienne et tricycle. Ludovic Buanec, membre de la commission athlétisme handisport, explique : "Cet appareil à trois roues est conçu pour offrir une stabilité optimale aux athlètes. Il est équipé d'une selle réglable, d'un plastron pour le maintien du buste, ainsi que d'un guidon avec frein et système de stabilisation qui facilite la direction". Ce modèle sans pédales permet aux utilisateurs de se propulser avec les pieds, offrant ainsi une nouvelle dimension à la pratique sportive accessible aux personnes en situation de handicap.
Cette discipline, de plus en plus reconnue à l'international, se structure avec des épreuves comme le 100 mètres, et attire des athlètes prometteurs. À Montrodat, un récent stage a permis de mettre en lumière plusieurs talents émergents. "Nous constatons de belles capacités de progression chez ces jeunes sportifs", observe Buanec. L'accessibilité des lieux est un atout majeur qui facilite l'accueil des participants, souvent dépendants, leur offrant des conditions d'entraînement optimales.
La priorité : leur sourire
Parmi eux, Tony, 10 ans, accompagné de son grand-père Dominique, découvre une nouvelle liberté grâce au frame running. Étant atteint d'une encéphalopathie, le jeune garçon bénéficie ici d'un cadre qui facilite son autonomie. "Le but est de l'aider à devenir le plus autonome possible", confie son grand-père. Sur la piste, l'enthousiasme est palpable : "Regardez, il va même plus vite que moi à présent !" Avec un tricycle adapté au quotidien, Tony trouve dans cette pratique bien plus qu'un simple sport ; "Son sourire en dit long. Cela l'aide à oublier son handicap et à aspirer à performer, comme tous les enfants". Le prochain objectif ? Un stage en Danemark avec l'espoir de rivaliser sur le plan national.
Plus loin sur la piste, Léa, originaire de Vaucluse, partage son expérience. "Je me sens plus libre en frame running. Ça renforce le lien social et j'ai fait de nombreux amis ici", déclare-t-elle. Son père, Hervé Blasco, souligne l'impact positif de ce sport, après un incident ayant affecté ses fonctions motrices. "Aujourd'hui, elle participe à plusieurs compétitions, et l’autonomie qu’elle a acquise lui permet de courir seule, ce qui renforce notre lien".
Les résultats prometteurs ne s'accompagnent pas seulement d'une volonté de performance, mais de la création d'un véritable écosystème. L'association "Les Mousquetaires Osent", présidée par Léa, soutient le cadre de développement de cette discipline, finançant la pension et l'hébergement d’une quinzaine d'athlètes lors du dernier stage. L'engagement de partenaires et le soutien communautaire sont essentiels pour pérenniser cette dynamique.
Avec l'approche des Jeux de 2028, il semblerait que l'avenir du frame running s'annonce radieux. En Lozère, les jeunes athlètes sont prêts à se faire un nom et à dépasser les limites de leur handicap, prouvant que le sport peut réellement changer des vies.







