Le collectif Actions féministes de Tours, qui a militant pour divers enjeux sociaux depuis 2016, a annoncé sa dissolution sur les réseaux sociaux le 12 mars 2026.
Actions féministes de Tours (AFT) tire sa révérence. Fondé en 2016, le collectif a partagé cette décision sur ses réseaux sociaux, où il comptait plus de 8 200 abonnés. Suite à cette annonce, le collectif a reçu de nombreux messages de soutien, témoignant de l'importance de son travail. « Merci pour toutes vos luttes, essentielles pour les minorités ! », écrit le compte « lecoindeslgbt.tours ».
Pendant près de dix ans, AFT a marqué le paysage tourangeau, en rendant visibles ses combats, peurs et indignations à travers des actions publiques telles que des tags contre les événements impliquant Ary Abittan et Gérard Depardieu. « Notre combat féministe, clairement antifasciste et toujours engagé, a abordé des thématiques comme la loi travail, les lois relatives à la fin de vie et les violences sexistes et sexuelles », affirme le collectif.
Une atmosphère de violence et de tension
Le choix de la dissolution découle d’un climat de tensions croissant qui a empiré ces derniers mois. « Cette année, pour la première fois, nous avons subi des agressions de la part d'hommes dans la rue, lors de nos actions. Certains d'entre nous ont même été suivis, insultés et maltraités », rapportent-ils, ajoutant que plusieurs membres ressentent maintenant une peur palpable à l'idée de sortir et d'afficher leurs convictions.
Cette violence ne provient pas seulement des agresseurs, mais aussi de « groupuscules d'extrême droite » qui ont compliqué le travail du collectif. Entre autres, Pierre-Édouard Stérin, milliardaire et figure médiatique, a déposé plainte et demandé la dissolution en mai 2025. À cette époque, Bruno Retailleau était encore en fonction en tant que ministre de l'Intérieur. « Nos manifestations sont surveillées par les forces de l'ordre, et même nos collages lors des grandes journées de mobilisation n'ont pas duré plus de quelques heures », déclarent les membres de l'association.
Un militantisme réinventé
Face à ces difficultés, les membres du collectif estiment ne plus se sentir « en démocratie » et décident de évoluer vers d'autres formes de résistance. « Il est temps pour nous de disparaître et d'explorer de nouvelles voies pour combattre le fascisme qui ronge notre société », concluent-ils, en appelant à un engagement renouvelé contre toute forme de domination.
Lire aussi







