Alors que les élections municipales de 2026 approchent, la gestion des déchets émerge comme un sujet de préoccupation majeure en Corse. Les thématiques telles que le logement ou la sécurité occupent souvent le devant de la scène, mais d'autres enjeux, moins visibles, méritent également d'être examinés, notamment ceux liés à la responsabilité des intercommunalités.
Le service de gestion des déchets, principalement assuré par les communes, représente un budget considérable : en 2024, il a coûté plus de 113 millions d'euros, montant qui prend en compte les charges moins les recettes générées notamment par la vente de matériaux recyclés et les aides publiques, comme l’a rapporté France 3 Corse.
Ce chiffre, bien que global, cache des disparités significatives entre les différentes intercommunalités. Par exemple, la communauté de communes Sud-Corse, avec 20 000 habitants et une forte affluence touristique, a dépensé 12 millions d'euros, une somme presque équivalente à celle de la communauté d'agglomération de Bastia, qui bénéficie cependant d'une population trois fois plus nombreuse.
Le coût de la gestion des déchets par habitant varie aussi considérablement : tandis que Fium'orbu-Castelli affiche 161 € par tonne, Sud-Corse atteint 566 €, un écart de taille qui s’explique par des facteurs tels que le mode de collecte et le volume de déchets à traiter. En matière de tarifs pour les citoyens, les montants vont de 17 à 370 €, reflétant des stratégies de gestion très diverses. Cette variation est le reflet des réalités territoriales spécifiques, rendant les comparaisons complexes.
Une augmentation des coûts depuis 2020
Depuis les élections municipales de 2020, une hausse significative de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) a été notée, directement liée à l'augmentation des taxes foncières. Pourtant, de nombreuses collectivités ont réussi à limiter ces hausses en optimisant leur service de collecte. Parallèlement, une douzaine d'intercommunalités ont mis en place une redevance spéciale pour les professionnels, qui jusqu’alors contribuaient peu au coût global de gestion des déchets.
Un coût écologique croissant
La question des déchets ne se limite pas aux aspects financiers ; elle implique aussi des enjeux écologiques. Les déchets non valorisés engendrent des coûts environnementaux non négligeables, principalement en raison des procédures de traitement et d’enfouissement. Comme le souligne Corse Matin, le taux de tri en Corse est en déclin, passant de 80 % en 2024 à 72 % en 2025. Améliorer ce taux nécessitera de simplifier le geste de tri pour les habitants, une mission qui devrait être priorisée par les municipalités, même si ces questions ne figurent pas parmi les thèmes dominants du premier tour.
Avec les élections à l'horizon, il est essentiel que les candidats prennent en compte ces enjeux environnementaux et budgétaires pour construire une politique de gestion des déchets efficace et durable.







