Manuel Bompard, coordinateur de La France Insoumise (LFI), a réaffirmé ce dimanche l'appel de son parti à des "fusions techniques" des listes de gauche au second tour des élections municipales. Comme l'avait déjà suggéré Jean-Luc Mélenchon, cette stratégie vise à empêcher une victoire de la droite et du Rassemblement National (RN).
Dans une intervention sur France 3, Bompard a souligné l'importance pour la gauche de se rassembler au second tour, même si cela ne conduit pas nécessairement à une gestion conjointe des municipalités. "Je pense qu'il est de notre devoir de créer un front antifasciste", a-t-il déclaré, précisant que cela se ferait sans un engagement programmatique commun.
Les élections municipales permettent aux listes ayant obtenu plus de 10% des voix au premier tour de se maintenir, et celles ayant plus de 5% de fusionner. Dans ce contexte, les alliances deviennent un enjeu crucial, bien que les relations entre LFI et le Parti Socialiste (PS) soient tendues.
Les flèches empoisonnées d’Olivier Faure
Ce week-end, François Hollande a exprimé un refus catégorique de toute alliance entre le PS et LFI pour le second tour. Il a averti que cette "compromission" pourrait entraîner une perte importante de leurs électeurs. "Nos bases ne nous suivraient pas et ce que nous ferions pour gagner d'un côté, nous le perdrions durablement de l'autre", a-t-il argumenté lors du Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a également critiqué LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon. Dans une déclaration, il a accusé Mélenchon d'entraver les efforts de la gauche, notamment en renouant avec des discours jugés inacceptables, comme son ironie sur des noms à consonance juive, ce qui a soulevé l'indignation. "Jean-Luc Mélenchon dessert la cause qu’il prétend défendre", a-t-il affirmé.
En réponse aux tensions, Faure a maintenu une position neutre concernant les futures alliances, soulignant que LFI pourrait avoir intérêt à faire perdre des villes à la gauche. Son regard est fixé sur l'histoire récente, comme la situation à Bordeaux en 2020, où LFI avait maintenu une liste face à une écologiste, ce qui a compromis une alternance attendue depuis des décennies.







