Dans une France politique en effervescence à l'approche des élections municipales, le déplacement de Jordan Bardella à Marseille soulève de nombreuses questions. Le maire sortant à gauche, Benoît Payan, met en garde : « un basculement à l'extrême droite dans la deuxième ville de France causerait un véritable séisme ».
Après un passage à Nîmes, Bardella se rend ce vendredi matin à Marseille en soutien au député RN Franck Allisio, dont les cotes de popularité sont serrées avec celles de Benoît Payan, selon plusieurs sondages. Pendant ce temps, Marine Le Pen prend la route de l'Ardèche et du Gard pour intensifier sa campagne rêvant d’une victoire.
« Si Marseille tombe aux mains du RN, c'est un séisme pour le pays », alerte Benoît Payan dans un entretien avec Libération. Pour lui, une ville aussi fragile économiquement ne peut pas être gouvernée par un néofasciste, en raison des ambitions politiques de Jean-Luc Mélenchon.
Cette déclaration arrive alors que Mélenchon se prépare également pour sa campagne à Marseille, en soutien à son candidat Sébastien Delogu. Dans le contexte des sondages, Payan refuse de fusionner ses forces avec LFI, appelant plutôt à un désistement stratégique en faveur du candidat le mieux placé. Actuellement, il semble qu'il ait une longueur d'avance sur Delogu.
Le RN, déjà solidement implanté à Perpignan et Fréjus, voit Marseille comme une étape cruciale. De plus, ils visent à reprendre Toulon, récemment visitée par Marine Le Pen, et à conquérir Menton, notamment depuis que Louis Sarkozy, fils de l’ancien président, y entre en politique.
Bardella se déplacera plus tard vers Menton pour soutenir la députée Alexandra Masson, autrefois membre de l'UMP et aujourd'hui en campagne pour le RN. Ce meeting est prévu en présence d'Éric Ciotti, un autre cadre du parti qui délaissera Nice pour l'occasion.
Cependant, malgré l’ascendant de Louis Sarkozy, son influence sur la scène politique azuréenne semble limitée face à Masson, qui jouit d'un bon soutien de LR, Horizons et Renaissance. Les résultats d'un sondage récent commandé par BFMTV/Nice-Matin montre que les listes en lice sont très proches en pourcentage, avec Masson en tête à 31%.
Parallèlement à ces événements, le maire sortant Yves Juhel (LR) est jugé à Marseille pour des allégations de détournement de fonds, ce qui ajoute un contexte tendu à la compétition à Menton.
Alexandra Masson exhorte les électeurs à rechercher la compétence et la transparence, alors que Louis Sarkozy critique son programme, le qualifiant d'« immature » et s’assurant de la force de leur propre liste. « Je reste ici, et s’il cela ne fonctionne pas maintenant, je reviendrai », déclare-t-il avec assurance.
De l’autre côté, Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place publique, se prépare à se rendre à Perpignan, ville phare tenue par le RN, alors que Mélenchon fait face à des accusations d'antisémitisme suite à ses récentes déclarations.
Dans ce climat de tensions croissantes, le scrutin municipal promet d'être une véritable épreuve de force pour de nombreux partis, avec l'électorat qui scrute attentivement les programmes et les personnalités en lice.







