Deux représentants du parti Les Républicains figurent sur la liste d'un candidat affilié à Reconquête à Bourg-en-Bresse, suscitant une série de questions politiques. Cette dynamique soulève des interrogations sur l'orientation stratégique de LR qui refuse d'exclure ces élus tout en n'ayant pas présenté de candidat officiel dans cette ville-préfecture de 45 000 habitants.
Pierre Lurin, vice-président de LR au Conseil départemental, et l'élue Marie-Jo Bardet se sont ainsi joints à Benoît de Boysson, un membre de la formation d'extrême droite, Reconquête. Ce dernier précise à l'AFP qu'il n'a sollicité l'investiture d'aucun parti, tout en affirmant que la majorité des membres de sa liste sont sympathisants ou affiliés à LR.
Cette situation a été critiquée par Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste, qui a évoqué une « liste de 15 pages » d'accords entre LR et l'extrême droite, en citant spécifiquement Bourg-en-Bresse comme un exemple. En réponse, le président de LR, Bruno Retailleau, a insisté sur le refus d'utiliser leur logo pour la campagne de Boysson, tout en accusant le PS de pactiser avec La France Insoumise.
Jean-François Debat, le maire socialiste de Bourg-en-Bresse, a réagi avec ironie, qualifiant la position de LR d'hypocrite. Selon lui, le parti permet à ses élus de siéger sur une liste d'extrême droite tout en n'agissant pas. Il a également fait part de sa frustration face à l'absence de réponse de Retailleau à sa demande de soutien pour sa propre candidature.
Benoît de Boysson se défend en soutenant que sa liste, intitulée « Bourg Ambition - la Droite unie », ne représente ni Reconquête ni LR. Toutefois, il n'hésite pas à défendre Eric Zemmour, le leader de Reconquête, qu'il décrit comme « lucide et courageux » tout en naviguant habilement entre les influences politiques.
Alexandre Nanchi, secrétaire de la fédération LR de l'Ain, a également tenté de minimiser la situation en déclarant que le choix de Lurin et Bardet n'entrave pas leur affiliation à LR, étant donné que la liste de Boysson a été classée comme divers droite.
Les municipales de Bourg-en-Bresse s'annoncent complexes, avec plusieurs candidats, incluant un représentant du Rassemblement National, et une liste de Lutte Ouvrière. Face à cette situation, Debat craint que cette alliance préfigure d'autres rapprochements entre droite et extrême droite, notamment lors des élections présidentielles à venir. « Je refuse que Bourg soit un laboratoire pour de telles alliances », a-t-il déclaré avec fermeté.
Pour Boysson, l'union de l'ensemble de la droite semble inévitable, affirmant que Bourg est un véritable laboratoire politique, tant pour les partis que pour les électeurs au sein de cette région marquée par une forte tradition de droite.







