Lors de sa visite à Lyon, la cheffe des Ecologistes, Marine Tondelier, a réaffirmé jeudi que les potentielles alliances avec La France insoumise (LFI) après le premier tour seraient envisagées au cas par cas. Face à une campagne municipale serrée, elle soutient les élus verts menacés par la candidature de Jean-Michel Aulas et de ses alliés.
Tondelier a souligné : "Dans notre mouvement, les décisions relatives aux alliances ne sont pas dictées au niveau national, mais dépendent des membres locaux de chaque ville". Sa tournée à travers le pays vise à défendre les représentants de son parti, surtout au vu du climat politique actuel.
Les incertitudes entourant les alliances de second tour ont été exacerbées par l’homicide de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, dont des membres du groupe dissous La Jeune Garde, lié aux Insoumis, sont soupçonnés. Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, est également sous le feu des critiques après des accusations d’antisémitisme formulées par le Parti Socialiste, provoquées par ses propos sur certains noms.
En dépit de ces tensions, Marine Tondelier a insisté sur le besoin de maintenir des collectivités comme "boucliers" face aux politiques européennes et nationales. Elle a déclaré : "Nous ne laisserons pas Jean-Luc Mélenchon rendre la situation ingérable !" lors de son intervention à Oullins-Pierre-Bénite.
Concernant les municipalités où LFI dépasserait 10 % au premier tour, elle a affirmé : "Je privilégie une analyse au cas par cas". Dans d'autres villes, la situation sera analysée différemment.
En fin de journée, Tondelier a distribué des tracts avec Grégory Doucet, maire de Lyon, qui vise un second mandat après l'ascension verte de 2020. Les sondages actuels le positionnent entre 30 % et 42 %, derrière Aulas, mais Tondelier demeure optimiste quant à un retournement de situation.
"Nous allons défier les sondages", a-t-elle affirmé, tout en critiquant Aulas : "Plus je l’entends, moins j'y comprends...". Doucet, signalant des propos "inappropriés" de Mélenchon, reste toutefois ouvert à une collaboration avec la candidate insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi pour contrer Aulas. "Après le premier tour, nous devrons assumer nos choix ensemble", a-t-il déclaré.
Anaïs Belouassa-Cherifi a également affirmé sa priorité : "Eviter qu'Aulas devienne maire est ma mission principale. Je ferai tout pour y parvenir", a-t-elle déclaré lors d'un débat. Dans une dynamique similaire, Sandrine Runel, députée PS membre de la liste de Doucet, a insisté sur l'unité de leur alliance.
Par ailleurs, à l'approche du dernier week-end de campagne, Bruno Retailleau, président de LR, a condamné des "accords de la honte" entre LFI et d'autres partis de gauche, traitant leurs dirigeants de "tartuffes". En revanche, le PS a aussi dénoncé les alliances entre la droite et l'extrême droite.
Dans le Pas-de-Calais, le président du RN, Jordan Bardella, a exprimé des perspectives de victoire à Lens, insistant sur le maintien de listes, affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une élection au système classique de retraite.







