Lors des questions au gouvernement au Sénat ce mercredi 15 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré qu'il était prêt à "travailler avec la gauche républicaine", dans un contexte où l’Assemblée nationale est fragmentée. Il a interrogé Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains, sur sa position concernant le Rassemblement national.
"Il est vrai qu’il y a une réalité, cette Assemblée nationale ce sont les Français qui l’ont choisie. Nous sommes des démocrates, malgré les critiques que l'on peut porter sur cette situation, l’Assemblée est là", a-t-il souligné.
Sébastien Lecornu "assure de choisir"
En s’adressant directement à Bruno Retailleau et à Mathieu Darnaud, Lecornu a affirmé qu'il avait souvent été critiqué pour sa volonté de dialoguer avec la gauche. "Je suis de droite, comme vous le savez. J’ai été membre des Républicains avant d’être exclu. Vous, vous êtes au banc des ministres. Fondamentalement, vous avez deux choix : tendre la main à la gauche républicaine pour trouver des compromis ou vous tourner vers le RN. J’ai fait mon choix et je l’assume", a-t-il déclaré clairement.
Le ministre a également présenté la volonté du gouvernement de créer des compromis, rappelant qu'il ne serait pas candidat lors des prochaines élections présidentielles, ce qui lui permettrait de se concentrer sur les affaires du pays.
"Le moment de la grande clarification"
Dans un moment de forte tension, Lecornu a posé une question directe à Retailleau et Darnaud : "Si vous étiez à ma place, avec qui choisiriez-vous de bâtir des compromis ? Avec le RN ou avec la gauche républicaine ? C'est le moment de la grande clarification", a-t-il martelé.
Bruno Retailleau a réagi en niant que son parti n’ait jamais fait de compromis avec le RN et a demandé à Lecornu de clarifier à son tour ses ambitions avec le PS, accusant Olivier Faure d’influencer directement les décisions du gouvernement.
Cette question a surgi à l’occasion d’un débat sur l’hypothétique immobilisme du gouvernement, évoqué par Mathieu Darnaud, qui a critiqué le retard dans l’inscription de propositions de loi importantes, notamment celles sur l’artificialisation des sols et le logement.







