Les rues de l’Iran résonnent de cris de révolte. Depuis le 28 décembre, les manifestations, initialement fomentées par des commerçants du Grand Bazar de Téhéran, se sont étendues, touchant quasiment toutes les 31 provinces du pays. Cette fronde populaire trouve son origine dans le mécontentement face à la dégradation de la situation économique, exacerbée par des sanctions internationales et une mauvaise gestion gouvernementale.
Malgré les efforts du président Massoud Pezeshkian pour apaiser les tensions, la colère des manifestants reste vive. Selon Human Rights Activists News Agency (HRANA), le bilan tragique des événements s’élève à au moins 36 morts et plus de 2 000 arrestations, énumérant chaque jour l'ampleur de la répression.
Mahnaz Shirali, politologue spécialisée sur la question iranienne, souligne que cette vague de colère dépasse les simples revendications économiques. "Dès le début, les slogans critiquant le Guide suprême, Ali Khamenei, et appelant à la fin de la République islamique ont émergé. Ces appels se renforcent chaque jour," explique-t-elle. « En effet, il est important de noter que les frustrations économiques, bien que réelles, camouflent un mécontentement plus profond envers un régime jugé autoritaire et corrompu.
Ce désespoir se traduit par des manifestations qui se généralisent, alors que trois quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté. "Les Iraniens refusent de supporter davantage cette situation, ils se manifestent depuis près d'une décennie. Désormais, il ne s'agit plus seulement d'un ras-le-bol économique, mais d'une véritable quête de liberté," déclare-t-elle. La question qui se pose est : cette fois-ci, les mises en garde internationales seront-elles suffisantes pour éviter les répressions sanglantes que l'on a vues dans le passé ?
Les opinions au sein de la population sont variées quant à l'éventuelle intervention des États-Unis. Si certains voient d'un bon œil l'idée d'une aide extérieure, d'autres, comme Reza Pahlavi, fils de l'ancien Shah, estiment qu'une ingérence étrangère pourrait aggraver la situation. "Les Iraniens n'ont pas besoin d'une intervention extérieure, ils ont la capacité de se libérer eux-mêmes," a-t-il exprimé.
Alors que le mouvement populaire continuera de se heurter à une répression féroce, la communauté internationale, et particulièrement les États-Unis, observent avec prudence. La question demeure : cette révolte, pour autant fuelée par des promesses non tenues et des sacrifices humains, réalisera-t-elle enfin le changement tant espéré en Iran ?







