Cette semaine, Amnesty International a lancé un appel d'urgence concernant les conditions catastrophiques des prisons au Salvador, accusant le gouvernement de commettre des crimes contre l'humanité. Selon le rapport de l'ONG, près de 470 décès ont été enregistrés dans des établissements pénitentiaires depuis l'instauration de l'état d'urgence, en mars 2022. De plus, plus de 90 000 arrestations ont été effectuées, souvent sans fondement légal.
Le président Nayib Bukele s'est vu attribuer des pouvoirs élargis, permettant des arrestations sans mandat. Ce contexte légal, importa...nt, soulève des doutes sur les droits humains au sein du pays. Amnesty International a rapporté que nombre des victimes des décès en détention n'étaient même pas condamnées, ce qui remet en question la légitimité de cette campagne antimafia.
Un bilan humain alarmant
Le rapport intitulé "La sécurité sans droits" met en lumière les violations graves, y compris des cas de torture et de négligence médicale. Des témoignages poignants, relayés par Ana Piquer, directrice régionale d'Amnesty, révèlent que de nombreuses mères cherchent leurs enfants détenus, sans réponse adéquate. "Aucune de ces morts n’a donné lieu à une enquête", a-t-elle souligné lors de la présentation du rapport.
"Des corps rendus sans explication, des familles dans l'angoisse, et un système qui semble se soustraire à toute contrôle judiciaire".
Des accusations graves de crimes contre l’humanité
Les nombreux abus, tels que les détentions arbitraires et les disparitions forcées, sont qualifiés d'incidents structurels, selon l'ONG. Cette position est corroborée par un groupe de juristes qui a également mis en avant les violations des droits humains perpétrées par le gouvernement Bukele.
La stratégie de Bukele, qui vise à éradiquer la violence des gangs, a réduit les statistiques criminelles à des niveaux inédits, attirant à la fois l'admiration et la crainte. Équilibrer sécurité et droits humains reste un défi crucial. Les experts soulignent que des méthodes brutales pourraient à long terme miner la confiance publique et les institutions démocratiques.







