Après La Belle et la Bête et Blanche-Neige, Disney dévoile le 8 juillet Vaiana, la légende du bout du monde, une adaptation en prises de vues réelles de son film d’animation achevé en 2016.
Les remakes des dessins animés de Disney en live-action représentent une véritable vache à lait pour la société, confirmé par des budgets faramineux, malgré des critiques qui les qualifient souvent de simples produits commerciaux.
Ce 8 juillet, le cinéma s'ouvre sur Vaiana, la légende du bout du monde, mettant à l'affiche Dwayne Johnson. L’histoire suit Vaiana, une jeune Polynésienne aventurière naviguant à la rencontre du demi-dieu Maui, pour sauver son peuple d’un mal menaçant leur atoll.
Alors que l'original a été acclamé, Vaiana se prépare à sortir une suite en 2024. Cette nouvelle version est perçue comme une réplique fidèle du film animé. Réalisé par Thomas Kail, ce long métrage est destiné à marquer l’année 2026, avec un budget estimé entre 200 et 250 millions de dollars dédié à des effets spéciaux spectaculaires. « La façon dont le film s'anime est très différente de l'animation... C’est une chance d'accéder à l'émotion d'une manière unique », soutient le réalisateur.
Capitaliser sur la nostalgie du public
La tendance des remakes s'est intensifiée depuis 2010 avec la réinvention d'Alice au pays des Merveilles par Tim Burton, qui a rapporté plus d'un milliard de dollars. Depuis, Disney a déployé son catalogue à grande échelle. « En général, cela a été très fructueux, surtout pour les films de la renaissance Disney des années 80 et 90 », note Stéphane Durand, expert en pop culture et en Disney.
Les adaptations en live-action comme Aladdin, La Belle et la Bête, et Lilo et Stitch ont chacune franchi le cap du milliard de dollars au box-office. « Les plus grands succès reprennent souvent presque plan par plan l’œuvre originale », ajoute-t-il. « Pour ceux passionnés de narration, cela peut sembler peu innovant. Mais tant que ces films rapportent un milliard, la machine continuera de tourner ».
Disney exploite la nostalgie à fond, poussant les parents à revivre les histoires marquantes de leur enfance avec leurs enfants. Avec Vaiana, le studio adapte pour la première fois un film d'à peine dix ans. Christian Renaut, auteur d’ouvrages sur Disney, affirme que depuis Blanche-Neige et les sept nains en 1937, l’entreprise a su maximiser « la puissance de ses scénarios et de ses personnages », leur permettant de perdurer à travers les décennies. Ce faisant, Disney s’affirme comme un leader incontesté dans le secteur cinématographique, devenant le premier studio à dépasser les 2 milliards de dollars de gains mondiaux pour 2026.
Créations originales snobées
Ces nouvelles versions illustrent une tendance de l’industrie cinématographique américaine. « Les Européens et les Américains ne voient pas le cinéma de la même manière. Aux États-Unis, c'est une industrie, en Europe, c'est un art », résume Renaut, signalant qu’un échec commercial est inacceptable pour Hollywood.
D’aussi éloignées que soient les origines des créations originales, celles-ci ont connu un recul après la pandémie, avec des échecs stratégiques comme Strange World ou Wish. En revanche, les suites et remakes sont jugés plus rentables. Pourtant, des signes de fatigue apparaissent, comme le cas de La Petite Sirène (2023) et de Blanche-Neige (2025), qui ont souffert au box-office.
Certaines adaptations ont provoqué des polémiques, notamment concernant le choix des actrices en rapport avec l’héritage de certaines héroïnes. Le réalisateur de La Petite sirène, Rob Marshall, a défendu le choix de l’interprète d’Ariel, affirmant avoir voulu « simplement trouver la meilleure actrice », correspondant au caractère de « quelqu'un d’incroyablement forte, passionnée et belle ».
Caroline Reid, journaliste chez Forbes, suggère que les studios doivent veiller à « préserver le charme de l'œuvre originale et être prudents dans l'utilisation de leur catalogue ». Avec la baisse d’affluence dans les salles et l’essor du streaming, Disney n'est cependant pas près d’abandonner cette formule. Elle affirme que plusieurs films en live-action qui floppent en salles rencontrent un franc succès sur les plateformes de streaming. La Petite Sirène en témoigne, selon elle.







