Délaissée par les institutions, la réalisatrice et militante contre les violences sexuelles, Andréa Bescond, a récemment exprimé sa frustration sur RTL concernant le traitement de l'affaire Lyhanna, soulignant les manques criants de moyens alloués à la justice en France. "Lyhanna représente l'injustice incarnée, c'est la mort de trop", a-t-elle déclaré avec émotion.
Quelques jours après les obsèques de la jeune victime, Bescond critique le désengagement de l'État qui, selon elle, ne peut que mener à des défaillances. "Sans les ressources nécessaires, il est inévitable que des erreurs humaines se produisent", a-t-elle ajouté en participant au Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6 le 14 juin dernier. Bien que le gouvernement affirme avoir augmenté le budget consacré à la justice, elle rappelle que ce dernier reste l'un des plus bas d'Europe.
À la place de Darmanin, elle "aurait démissionné de honte"
Andréa Bescond ne demande pas explicitement la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, mais admet qu'elle aurait agi différemment. "À sa place, j’aurais démissionné de honte", a-t-elle affirmé, exprimant une méfiance à l'égard des propos du ministre, qui a récemment minimisé l'ampleur des viols d'enfants en France.
Pour renforcer son propos, elle fait une comparaison saisissante entre le budget de la justice et celui des forces armées. "Depuis 2017, le budget de l’armée a presque doublé. Quand il s'agit d'urgence, des financements peuvent être trouvés", constate-t-elle. Elle critique la réticence du gouvernement à adopter un projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, qui nécessiterait environ 3 milliards d'euros. "Ils sont prêts à investir pour l’armée, mais pas pour protéger nos enfants", dénonce-t-elle.







