Un tournant dramatique pour le Mali. Ce week-end, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) a lancé d'importantes offensives dans sept villes du pays, en collaboration avec les rebelles touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA).
"Des groupes armés ont attaqué des points stratégiques et des casernes dans la nuit du 25 avril," a indiqué l'armée malienne dans un rapport.
Kati, fief de la junte au pouvoir depuis 2020, a été particulièrement éprouvée par ces attaques. La capitale, Bamako, ainsi que d'autres villes comme Gao et Kidal, ont aussi été touchées. Selon le FLA, "Kidal est désormais sous le contrôle de nos forces armées".
Ces attaques synchronisées avaient pour but de renverser le gouvernement de transition. La situation s'est encore aggravée avec l'assassinat du général Sadio Camara, annoncé par le gouvernement le 26 avril. Ce dernier a été sérieusement blessé lors d'un attentat à la voiture piégée à sa résidence et a succombé à ses blessures à l'hôpital.
"Le général Camara, connu pour ses efforts dans la défense nationale, recevra des funérailles nationales," a promis le gouvernement.
Les récentes violences ont entraîné 16 blessés parmi les civils et les militaires, mais les dégâts matériels semblent limités. Selon les analyses d'experts, la situation actuelle est le résultat d'années de tensions politiques, exacerbées par des coups d'État successifs et l'absence de solutions durables.
• Qui était Sadio Camara?
Le général Camara était un pilier du gouvernement militaire qui a pris le pouvoir en 2020, remplaçant un président civil. Il a été reconnu pour son rôle dans la lutte contre le terrorisme dans la région, qui a vu une montée en puissance des groupes jihadistes après le renversement du président Amadou Toumani Touré en 2012.
Après l'opération "Serval" de la France en 2013, qui a temporairement repoussé les jihadistes, l'instabilité est revenue. La France a terminé son retrait militaire en 2022, obligée de confier la sécurité à des mercenaires russes, ce qui a provoqué des frictions avec les groupes rebelles toujours présents.
• Quelle est la situation actuelle?
Lundi 27 avril, le calme est miraculeusement revenu à Bamako et Kati après deux jours de combats intenses. Selon des témoins de l'AFP, aucune activité militaire notable n'était alors évidente, bien que les cicatrices des affrontements demeurent encore visibles.
Alors que l'UE condamne fermement ces actes de violence, le peuple malien vit dans une profonde incertitude. Le général Assimi Goïta, silencieux depuis les débuts des attaques, pourrait se retrouver face à un défi de légitimité dans un contexte si volatile.







