Le plus-que-parfait, souvent mal compris, ne désigne pas un temps supérieur aux autres, mais plutôt un temps "plus qu’achevé". Pour mieux comprendre, nous nous penchons sur les explications de Muriel Gilbert.
La question qui suscite la curiosité est venue d’l’Instagram du Bonbon sur la langue, posée par ACCorrection et Lesmotsetmerveillesd’Elvis. Ils se demandent pourquoi nous parlons de "plus-que-parfait".
Il y a une semaine, j'ai partagé pourquoi le terme "imparfait" est apparemment en décalage avec son sens. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce terme ne désigne pas un temps déficient. En grammaire, "parfait" fait référence à quelque chose d’achevé, de complet.
Un temps "plus qu'achevé"
Le plus-que-parfait, caractérisé par deux traits d’union, indique une action qui s'est déjà déroulée avant une autre action passée. Il est en réalité un temps "plus qu’achevé" et non supérieur, exprimant ainsi l’antériorité d’une action par rapport à une autre dans le passé.
Pour illustrer ce concept, prenons l'exemple suivant : "J’étais arrivée depuis deux heures quand Stéphane est apparu" ou encore "Valérie a demandé l’addition car elle avait fini son café". Dans ces phrases, les actions décrites comme "j’étais arrivée" et "elle avait fini" appartiennent au passé du passé, un temps véritablement terminé, d’où le terme "plus-que-parfait". Cette richesse de nuances ne fait que renforcer l'élégance de notre langue, comme l'explique le linguiste Jean-Pierre Dajer dans son ouvrage sur la grammaire française. Il souligne que comprendre ces subtilités augmente non seulement nos compétences linguistiques, mais aussi notre appréciation de la langue elle-même.







