L'armée israélienne s'apprête à prendre position dans une partie du sud du Liban, et les résidents se voient contraints de fuir leur foyer. Une équipe de journalistes de France Télévisions a pu accéder à l'un des derniers villages encore habités, apportant un éclairage sur cette situation critique.
La route menant aux villages du sud libanais est devenue une véritable épreuve. À Rmeich, l'un des derniers bastions habités, les convois d'aide alimentée par l'armée libanaise ne s'aventurent que sous très haute protection. "On est contents", témoigne un résident en recevant le convoi tant attendu, tandis qu'Alain Hanna, membre de la municipalité, s'inquiète : "C'est peut-être le dernier. Nous ne savons pas quand la route se ferment à nouveau."
Rmeich se trouve en première ligne, surveillé de près par les forces israéliennes dispersées sur les hauteurs environnantes. Les nuits sont marquées par les fusées éclairantes et les tirs d'armes automatiques, démontrant l'intensité du conflit. La journée, la situation reste préoccupante malgré une baisse apparente de l'activité militaire. "Les bombardements cessent rarement, il est impossible de dormir," explique un local.
Les habitants, principalement chrétiens, ne se croient pas directement ciblés, mais en subissent néanmoins les conséquences. Parmi eux, un millier d'enfants, dont John Alam, un garçon de 10 ans qui n'a pas pu se rendre à l'école depuis un mois. Pour échapper à cette réalité angoissante, il explore sa tablette : "J'ai très peur quand le bruit devient trop fort et quand je vois les missiles," avoue-t-il, les yeux écarquillés de peur.
Luc Lacroix, envoyé spécial à Rmeich, conclut : "Le refus de partir pour de nombreux résidents vient de la peur de ne jamais pouvoir revenir, surtout si l'armée israélienne venait à s'établir durablement dans leurs villages." Ce sentiment d'incertitude et de désespoir règne sur cette communauté qui espère encore des jours meilleurs.







