Accusé d'agressions sexuelles et de viols sur plusieurs jeunes hommes, un bûcheron de 25 ans, Théo Denner, a attribué ses actes à une homosexualité mal assumée. Son procès, qui se déroule au Doubs depuis le 13 mars, l'a vu confronté aux témoignages de ses victimes, dont beaucoup étaient adolescents âgés de 14 à 19 ans.
Denner, décrit comme un prédateur, aurait exploité les réseaux sociaux pour piéger ses victimes. Se faisant passer pour une femme sous le profil d'Aurélie, il a obtenu des photos intimes, les menaçant ensuite de les divulguer. Il a confié : "Assumer d’être homosexuel était impossible dans ma famille". L'avocat général Jérémie Lhadi a réagi à cette affirmation, soulignant qu'aucun lien ne peut être fait entre une homosexualité refoulée et le recours à de tels actes criminels.
Les charges incluent 43 violations de la vie privée et agressions sur de jeunes hommes, certaines victimes ayant déclaré avoir subi des viols. Un article du Monde a rapporté que six plaintes pour viols ont été déposées, mettant en lumière l'ampleur de l'impact psychologique sur ces jeunes.
Une vie marquée par le silence
Théo Denner, héritier d'une tradition familiale marquée par des préjugés et une homophobie ambiante, a observé : "J'étais trop dans le personnage d’Aurélie". Selon son avocat, Jules Briquet, il s'agit d'un homme en quête de reconnaissance, mais cela ne justifie en rien ses actes. La présidente du tribunal, Delphine Thibierge, a noté l'horreur des messages envoyés aux victimes, et ce désespoir profond qui pousse certains à envisager le suicide.
Pendant les audiences, Denner a exprimé son regret, déclarant avoir pris conscience de la gravité de ses actes, un sentiment tardif mais qui souligne les effets dévastateurs de son comportement sur ses victimes. La société doit-elle réfléchir à l'environnement qui pousse de jeunes hommes à recourir à de tels comportements?







